Au fil des débats #5-4 | Deï Mian, sincère chercheur de vérité qui refuse la science

La science n’est-elle qu’une chapelle en concurrence avec les autres, défendue par des trolls grognards, malveillants et bornés qui n’existent que pour détruire le travail des autres? C’est ce qui ressort des fréquentes protestations des « chercheurs de vérité »! Parmi eux, j’ai récemment découvert Deï Mian, auteur de vidéos sur YouTube, racontant ses voyages à la découverte de « mystères » archéologiques et historiques.

Dans un monologue de 40 minutes [1], il s’en prend ainsi à un autre YouTubeur, « Le Nettoyeur de Mythes », dont il n’a pas du tout, mais alors pas du tout, apprécié la critique [2] adressée à son dernier film, « L’Autre Terre des Dieux ». Celle-ci remet en effet en cause son honnêteté intellectuelle! Or, Deï Mian se considère comme éventuellement maladroit et dans la lune, se trompe même peut-être complètement (sic), mais il n’est pas malhonnête. Alors, ça non. Il est totalement sincère. Et pour lui, la sincérité est l’alpha et l’oméga de sa démarche.

Pourquoi m’intéresserais-je aux chercheurs de vérité? Tout remonte à l’interview surréaliste de Jacques Grimault et Patrice Pooyard par le duo de la Tronche en Biais, en janvier 2016 [3]. Comme beaucoup d’auditeurs, y compris parmi les fans de Grimault, ces deux très longues heures, très pénibles, m’avaient littéralement estomaquée. J’avais rarement assisté à un dialogue de sourds aussi hystérique, même dans les combats de coq, pardon, les émissions de débat, à la TV française. Dans un billet de blog au sujet de cet étrange épisode, je n’avais que pu constater l’impossibilité d’une discussion, même contradictoire, avec les deux auteurs de « La Révélation des Pyramides » [4].

Avec cette polémique qui oppose Deï Mian au Nettoyeur de Mythes, je propose une petite analyse de discours d’un autre chercheur de vérité, également confronté à une remise en cause de sa méthode (ou plutôt, comme on le verra, à la révélation de son vide méthodique). Cependant, comparé au duo hystérique Grimault-Pooyard, Deï Mian fait presque figure de moine zen, sans compter que son argumentation et sa technique discursive sont assez différentes. Cela ne l’empêche pas non plus d’insulter copieusement ses adversaires dans le texte introduisant la vidéo de son long monologue….Mais bon, au moins, comme il ne hurle pas dans le micro, son discours est à peu près audible!

La science, cette tour d’ivoire imprenable?

D’une certaine manière, Grimault et Deï Mian incarnent chacun une manière de remettre la science en cause. Tous deux consiérent d’ailleurs qu’elle occupe aujourd’hui la place d’autorité qui était celle de la religion autrefois.

Grimault, lui, veut faire partie des gardiens du temple scientifique. Il veut être reconnu comme un grand savant et il le fait savoir en le criant désespérément sur tous les toits! Seulement, il se heurterait à un refus dogmatique de la part de « mandarins » institutionnels. Ils ne supporteraient pas ses méthodes peu « orthodoxes » et ses découvertes qui risqueraient de les faire tomber de leur piédestale.

Deï Mian, de son côté, veut carrément proposer une alternative citoyenne, démocratique et amateure à la science.  La science n’est, selon lui, qu’une forme de connaissances parmi d’autres. Il estime ainsi que l’on peut picorer à droite et à gauche comme on veut, selon son ressenti personnel, puisque toutes les visions du monde se valent. Liberté de pensée et d’expression oblige, il est possible de privilégier un savoir par rapport à un autre selon ses propres critères ou même sans critères vraiment définis. Dans son cas, la hiérarchisation entre les divers types de connaissances se fait plus ou moins au pifomètre, en fonction de son humeur. 

Contrairement à Grimault, qui affiche un CV scientifique mirobolant, Deï Mian ne prétend donc pas faire de la science. Il se présente comme un simple amateur, passionné d’histoire et d’archéologie. Cela ne l’empêche pas d’affirmer qu’on nous cacherait des vérités et qu’on nous imposerait une « histoire officielle » mensongère, comme le font la plupart des « chercheurs de vérité ».  Mais, il veut y aller simplement à la curiosité et, surtout, surtout, à la sincérité. Comme on le verra, pour lui, la sincérité constitue la base de la légitimité qu’il revendique pour contester cette « histoire officielle ». 

Deï Mian et Grimault ont aussi en commun de travailler sans aucune méthode clairement identifiable, avec pour seule boussole, leurs impressions et leurs convictions. Et c’est surtout cela qui irrite les sceptiques au point de leur donner de l’urticaire.

Deï Mian défend sa non-science

Dans ce face-à-face avec sa caméra, Deï Mian revient sur la polémique générée par les réactions de certains sceptiques à son dernier film « L’Autre Terre des Dieux ». Il ne les nomme pas, refusant de faire de la publicité à des gens qui l’auraient insulté et menacé. Il n’a aucunement l’intention de débattre, uniquement de mettre les points sur les « i ». Pas tous d’ailleurs, car il n’aurait pas eu le temps de prendre connaissance de tout ce qu’on lui reproche et il n’en a pas l’intention. Après tout, il ne va quand même pas perdre tout son temps avec des trolls.

Il se concentre donc sur deux objectifs: d’une part, il défend sa méthode en tant que chercheur de vérité, souhaitant partager ses découvertes avec le public, au travers de ses documentaires indépendants. D’autre part, il remet en cause la légitimité de la critique qui lui est faite, non seulement pour son contenu, mais aussi en tant que démarche en général. Dans ce billet, ce qui nous intéresse le plus, c’est évidemment la question de la méthode. Néanmoins, la tendance de Deï Mian à discréditer toute critique est aussi abordée, car, elle reflète aussi son fonctionnement.

La sincérité plutôt que la science

Dès le départ, Deï Mian fait complètement l’impasse sur la critique principale que lui adresse le Nettoyeur de Mythes, à savoir qu’il  est incohérent, voire contradictoire, de se contenter de suggérer ou proposer, sans pouvoir rien démontrer, tout en prétendant remettre en cause l’histoire dite « officielle ».  Il se contente de répéter le leitmotiv de son film:

L’Autre Terre des Dieux, c’est une invitation au voyage et aux mystères de ce pays, qui se base principalement sur des mythes. Il n’est pas là pour affirmer, mais pour partager ces légendes avec les spectateurs [1:05 – 1:25].

Ou plus exactement, il va tenter de répondre indirectement à ce reproche en se focalisant sur la question de la légitimité citoyenne en démocratie. Il déplace ainsi le problème. Alors que son interlocuteur l’accuse surtout d’incompétence et de négligence, il lui répond sur le terrain de la sincérité et de la liberté d’expression. 

Pas besoin de preuve, la bonne foi suffit

Il justifie ainsi l’absence de preuves dans son film par le fait qu’il se baserait sur des légendes et qu’il n’aurait d’autre but que de les partager [1:15 -1:25].  Reprenant la définition de la notion de mythe donnée par Wikipédia [5], il considère qu’il est inutile de chercher à les démontrer ou même à les démonter, ceux-ci étant de toute façon des constructions imaginaires. Il n’y aurait donc rien à prouver [2:00-2:25]. Plus loin, il répète ne rien affirmer dans ce film, puisque tout ce dont son équipe et lui disposent sont des témoignages. Chacun est libre de les croire ou pas [7:55-8:05]. 

À ce titre, il estime justement que les témoignages des personnes apparaissant dans le film sont sincères et c’est cette sincérité qui l’intéresse [16:11 – 16:41]. Ce serait donc l’impression de franchise se dégageant des témoins qui constituerait un critère de crédibilité.  Pour lui,  l’expérience personnelle et le vécu des gens peuvent constituer à eux seuls une source d’informations suffisante, du moment qu’ils semblent raconter, en toute bonne foi, les choses telles qu’ils les ont perçues. Et tant pis s’ils peuvent complètement se tromper dans leur analyse de ce qu’ils ont vu ou vécu. Ce qui compte, c’est leur sincérité, pas la réalité objective de ce qu’ils racontent.

L’affaire du cartel: la sincérité à tout prix

Convaincre son public de sa sincérité est si essentiel pour Deï Mian qu’il est prêt à se faire passer lui et son équipe pour des pieds nickelés. C’est ce qui ressort de l’épisode que l’on pourrait appeler ironiquement l' »affaire du cartel ». Il s’agit d’une des critiques du Nettoyeur de Mythes ayant fait le plus réagir Deï Mian et qui l’embêtent particulièrement. Car la chose est embarassante. En effet, arriver à ne pas voir un cartel que l’on filme dans une vitrine (et sur des images que l’on monte par la suite), il faut vraiment le faire!

Que s’est-il passé? Dans le cadre de son enquête sur les Daces, notre chercheur de vérité se retrouve au Musée d’histoire nationale de Bucarest, pour y filmer des artefacts issus de ce peuple antique. Le film nous présente plusieurs vitrines, dont une exposant ce qui serait une bague et un plastron en or d’une dimension largement supérieure à celui d’un corps humain normal. Serait-ce une preuve que les Daces…Étaient des géants? C’est l’hypothèse que propose le film (mais sans rien affirmer, n’est-ce pas!).

Seulement, le Nettoyeur de Mythes a mis le doigt sur un détail gênant: l’énorme plastron est placé à l’envers. Pourquoi cela?  Un petit zoom sur l’image et un coup de Photoshop pour rendre l’image nette font apparaître un cartel qui nous explique, en trois langues, qu’il s’agit du nimbe issu d’une icône en bas-relief doré d’une Vierge à l’enfant, provenant d’une église du 18e siècle! Ce n’est donc pas du tout un plastron, ni même un objet antique.

Chercheur de vérité pas trop zélé

Devant l’énormité de la révélation, Deï Mian affirme reconnaître son erreur…Mais à demi-mot. Comme le veut l’adage, faute avouée, à moitié pardonnée! Ici, il semble donc espérer un quart de pardon!  Il affirme qu’un autre intervenant du film, Daniel Ruxin, avait déjà attiré son attention sur cette erreur avant que le Nettoyeur de Mythes ne le contacte à ce sujet [3:30 -4:00]. Sauf qu’il ressort tout à fait autre chose de son échange d’emails avec ce dernier, qu’il a publié à la fin de sa vidéo.

Si Daniel Ruxin lui a signalé quoi que ce soit, ce n’était pas qu’il s’agissait d’un nimbe venant d’une icône du 18e siècle. En effet, il apparaît clairement dans ses e-mails, que Deï Mian n’a pas la moindre idée de ce que veut dire le Nettoyeur de Mythes. Ceci est encore confirmé par les propos qu’il tient dans une des émissions de la chaîne YouTube Nurea TV [6], le 5 juillet dernier, au cours de laquelle il nous annonce que, selon le cartel du musée qu’il aurait cette fois-ci examiné avec attention, il s’agirait d’un plastron géant trouvé dans une église du 18e siècle [03:54:10]!

Cela signifie qu’au cours des deux semaines séparant son dernier échange avec Le Nettoyeur de Mythes de cette émission, il n’a, en réalité, même pas pris la peine de regarder ce cartel qui apparaît pourtant dans son film. Sinon, il aurait su alors qu’il ne s’agissait pas d’un plastron et aurait arrêté de se demander si l’objet était antique ou pas. 

Il faudra que l’animateur de la page Facebook La Révélation de Gollum  produise une analyse complète des images [7] et tague Deï Mian sur son post Facebook pour que celui-ci comprenne finalement son erreur, près d’un mois après que le Nettoyeur de Mythes l’ait contacté! Le moins que l’on puisse dire c’est que, pour un chercheur de vérité, il ne fait guère preuve de zèle quand il s’agit de vérifier une information qui risque de remettre en cause ses convictions.

Amateurisme sincère en archéologie

Ce besoin de convaincre de sa sincérité apparaît aussi dans un autre moment de sa vidéo, lorsqu’il répond aux critiques du Nettoyeur de Mythes concernant son attitude sur le site archéologique d’Arjedava [8]. Ce dernier l’accuse, en effet, soit d’avoir commis un acte pouvant s’apparenter, légalement parlant, à du pillage archéologique, soit d’avoir fait une mise en scène d’excavation à la sauvage. Dans le premier cas, il montre à son audience des méthodes de travail complètement illégales et inacceptables d’un point de vue scientifique, et dans le second, il la trompe carrément. Dans les deux cas de figure, il manipule la réalité. Cette accusation semble le troubler encore plus, puisqu’il va passer au moins 5 bonnes minutes à la réfuter [19:00 – 24:00].

Selon son récit, c’est son cadreur qui a découvert par hasard un morceau d’os émergeant, juste au pied de Deï Mian. Celui-ci s’est alors penché et a saisi un morceau de céramique trouvé sur place pour déterrer cet os. C’est ainsi qu’il a trouvé un squelette entier d’humain. N’ayant jamais entendu dire que ce site comprenait des sépultures, il a alors supposé qu’il s’agissait peut-être d’un charnier.

Lui et son équipe ont eu comme premier réflexe d’avertir le pope local et de lui demander s’il avait connaissance de l’existence de ces squelettes. Malgré les dénégations de ce dernier, Deï Mian pense qu’il leur a menti. Il est  donc retourné sur place quelques mois plus tard, en octobre 2015, en espérant que le froid aurait réduit la végétation qui recouvrait complètement les lieux et il a alors retrouvé les squelettes qu’il avait signalés, toujours au même endroit, la terre ayant été fraîchement retournée. Il a alors supposé que des villageois du coin avaient peut-être réenterré ces squelettes.

Malheureusement, cette explication, qui vise à démontrer la parfaite sincérité de Deï Mian et de son équipe, démontre aussi son total amateurisme en matière d’archéologie. 

Si, si, l’archéologie est bien une science

Lorsque l’on se trouve sur un site archéologique, même s’il ne fait temporairement plus l’objet de fouilles, et que l’on voit affleurer des objets, on ne cherche pas à les déterrer à tout prix pour voir ce que c’est. On ne touche à rien et on va avertir les autorités. Ceux-ci enverront alors un archéologue sur place pour jauger la situation et voir si une fouille s’impose ou pas.  Mais, ce n’est pas parce qu’un site ne connaît pas d’activités à un moment donné que l’on peut simplement se servir à sa guise.

L’archéologie est une science qui cherche à comprendre le mode de vie des sociétés passées en collectant autant d’informations que possible. Celles-ci proviennent non seulement des artefacts, mais aussi et surtout de leur contexte physique, c’est-à-dire du lieu où ils ont été découverts. La localisation exacte, la profondeur, l’environnement immédiat, le type de sol, les artefacts trouvés autour, etc., constituent des informations extrêmement précieuses pour comprendre les raisons et les circonstances de la présence de l’objet à tel endroit, avant même de pouvoir étudier l’objet lui-même.

Si ces informations sont si importantes, c’est justement parce que plus la société en question est éloignée de la nôtre dans le temps, moins il y a de témoignages et de liens avec celle-ci. Il est beaucoup plus difficile d’avoir une idée précise de son mode de vie et de son organisation. Ce n’est donc pas pour rien que la séquence où l’on voit Deï Mian creuser avec un tesson et sortir des os de terre sans la moindre précaution peut horrifier n’importe quel archéologue un tant soit peu sérieux!

Petit détour par une expérience archéologique personnelle

A ce sujet, j’ai moi-même participé à une fouille, pendant 6 semaines, en juin-juillet 1997, à La Piana [9], à environs 20km de Sienne, en Italie, sur le site d’un village étrusque, ayant subi un raid vers la fin du 3e siècle av. J.-C. À l’époque, notre équipe d’étudiants en archéologie avait creusé dans la partie où se situait la citerne du village. Cet espace avait été divisé en 4 carrés de 3m sur 3m, chacun étant fouillé par deux personnes.

Une méthode précise et rigoureuse

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L’état du site après 6 semaines de travail – Les fouilles ont suivi autant que possible les bordures délimitées par des ficelles et des piquets en métal.

Comme on peut le voir sur les photos, les carrés ont été tracés très précisément, par rapport à un point de référence, qui n’a lui-même pas été choisi au hasard. On peut aussi constater que le sol est relativement lisse. C’est parce qu’il nous était demandé de creuser en enlevant des couches de seulement 1 cm à la fois, en suivant bien la ligne droite des bordures. Il fallait faire en sorte que l’on puisse mesurer très précisément la localisation des artefacts dès qu’ils commençaient à affleurer. En enlevant couche par couche, nous pouvions ainsi dire exactement à quel endroit chacun se trouvait et les localiser les uns par rapport aux autres. Nous ne les sortions des carrés que lorsqu’ils étaient complètement émergés. Nous ne creusions pas pour les déterrer, en faisant des trous tout autour. 

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L’état du site après 6 semaines de travail – Les mesures sont effectuées à l’aide de ficelles, de mètres dépliants et de fil à plomb.

À la fin de chaque journée, nous mesurions la position de chaque élément apparaissant à la surface, y compris ce qui pouvait n’être que des cailloux ou des racines. Pour cela, nous nous aidions d’un mètre déroulant, d’un fil à plomb et d’une ficelle attachée au point de repère, et nous reportions ces mesures sur une feuille quadrillée transparente. Ces feuilles pouvaient ensuite être superposées, ce qui permettait de voir précisément l’évolution de la fouille, jour après jour.

Si un artefact de la veille se retrouvait complètement excavé, nous le signalions sur la carte. Puis, nous le mettions dans un sac numéroté et l’emmenions à l’institut pour le nettoyer, le dessiner et, éventuellement, le rassembler avec d’autres  pièces d’un même objet. Naturellement, à la fin des deux mois, nous avons recouvert nos carrés de plastiques et remis la terre que nous avions dégagée, afin de protéger ce qui se trouvait en dessous de nos fouilles, pour la volée suivante d’étudiants. Ces derniers ont dû, l’année suivante, recreuser jusqu’aux sacs de plastique, avant de continuer les travaux.

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Qu’avons-nous découvert pendant ces deux mois de fouille? Surtout des tessons en céramiques, une pointe de flèche, une brique entière (Sabrez le champagne!) et, une sorte de charnier. Apparemment, les attaquants avaient jeté des jeunes enfants ainsi que des vieillards dans la citerne. Un des carrés était rempli d’ossements, au point que l’étudiante qui le creusait, pouvait à peine marcher dedans. Mais, nous n’avons découvert aucun bijou en or ou en argent, aucune poterie précieuse, aucune monnaie, aucune structure impressionnante, puisqu’il s’agissait d’un simple village. 

Une science passionnante, mais ardue 

Tout cela peut donner l’impression d’un travail vraiment peu passionnant et laborieux. En effet, pendant 6 semaines, mes camarades et moi avons littéralement sué sang et eaux. Dès que nous avons atteint le niveau de l’équipe précédente, la responsable du site nous a interdit d’entrer dans les carrés en chaussures et de poser nos pieds à plats. Nous devions creuser avec des petites piques, en restant accroupis, sur la pointe des pieds nus, pendant près de 6 heures par jour. Nous sommes plusieurs à avoir perdu la sensibilité dans une bonne partie de nos orteils et ne l’avoir récupérée que très progressivement (il m’a fallu attendre pratiquement jusqu’à Noël de cette année)! La plupart du temps, nous ne trouvions que des morceaux de terre cuite et des gros cailloux. Mais, nous avons dû tout noter scrupuleusement.

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L’état du site après 6 semaines de travail – Comme on peut le voir, le sol est très lisse et on s’est efforcé de suivre une ligne aussi droite que possible.

Aux  yeux de l’archéologue en chef, chacun de ses éléments constituait une information très précieuse sur l’histoire du site. Tellement précieuse que le jour où j’ai écorné la seule brique entière découverte en 14 ans de fouilles, alors que j’essayais de me rattraper pour éviter de m’empaler sur un piquet, après avoir perdu l’équilibre, j’ai cru qu’elle allait m’arracher la tête, tellement elle était furax! Or, il ne s’agissait que d’un petit coin que l’on pouvait facilement re-coller. Cela vous laisser imaginer sa réaction, si on devait lui montrer les images de Deï Mian déterrant un crâne à l’aide d’un tesson,  sans aucune des précautions d’usage! À mon avis, elle en ferait probablement une syncope avant de demander sa tête sur un plateau!

 

Et encore quelques-unes  pour la route:

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L’état du site après 6 semaines de travail – On voit les bordures bien droites et le sol très lisse de ce carré.

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L’état du site après 6 semaines de travail. Comme le ballon à hélium devant nous aider à faire des photos aériennes ne fonctionnait pas, il a été décidé de faire ces photos en se tenant sur une échelle. Un peu dangereux, mais c’était ça ou rien.

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L’état du site après 6 semaines de travail – On remet des sacs en plastiques avant de tout recouvrir de terre pour la volée suivante d’étudiants.

L’histoire selon Deï Mian: une croyance comme une autre

Une chose chose est sûre: Deï Mian n’est pas d’accord avec les versions officielles que l’histoire nous a présentées et que l’histoire nous a mis dans le crâne. Il y a beaucoup d’incohérences par rapport à des hésitations, il y a beaucoup d’incohérences par rapport à des « cartels » (Décidément, il n’a pas digéré ce cartel!) [3:00-3:15].  Selon lui, il est ainsi évident que si l’on considère son film à l’aune de cette histoire « officielle » à laquelle il ne croit pas et qu’il remet en question, on ne pourra jamais être d’accord avec lui. Son film se contente d’avancer des « théories alternatives » et il estime être dans son bon droit de le faire [27:00-27:30]. Dans cette optique, se référer constamment à l’histoire « officielle » (selon Deï Mian), comme le Nettoyeur de Mythes s’entêterait à le faire, n’a aucun sens, puisqu’elle n’est pas meilleure ou plus fiable que les autres.

Pour illustrer son explication, Deï Mian a alors recours à une métaphore qui en dit long sur sa conception de l’histoire en général. Il considère que la démarche du Nettoyeur de Mythe s’apparenterait à celle d’un catholique allant dire à un musulman que son Dieu n’existe pas et qu’il se trompe [28:30-29:00]. En d’autres termes, pour lui, l’histoire ou plus exactement, ce qu’il appelle l’histoire officielle, n’est qu’une approche parmi tant d’autres et il n’y a aucune raison de lui accorder plus de crédits qu’à une autre, par exemple, au hasard, la sienne. 

L’histoire n’est donc qu’affaire de croyances et de convictions personnelles. Il n’y aurait dès lors aucune raison de l’accuser de mentir ou même de faire des erreurs, puisqu’il ne fait que partager ce en quoi il croit et communiquer ses convictions. Sa remise en cause de l’histoire dite « officielle » ne vise probablement pas tant à démontrer qu’elle nous mentirait, même si c’est sa conviction à lui, puisqu’il ne peut rien prouver, mais plutôt à lui faire concurrence. Cela expliquerait ses demandes véhémentes, réitérées à plusieurs reprises dans cette vidéo, pour qu’on reconnaisse son droit à exprimer ses convictions.

Pas de vérités à démontrer, mais des vérités quand même…

Cependant, il va plus loin. À un moment donné, il nous explique que les mythes portent une part de vérité. Ce seraient des récits d’événements réels qui, au fil du temps, seraient devenus légendaires. Son rôle consisterait à faire remonter à la surface cette « vérité » historique [29:00-29:20]. Il y a juste un hic, dans tout cela: il ne nous explique pas comment il fait la part des choses entre l’imaginaire mythologique et les éléments de réel que recéleraient ces récits. Surtout, au début de la vidéo, il nous expliquait que les mythes ne sont que des récits imaginaires, qu’il est donc inutile de vouloir démonter ou démontrer. Le moins que l’on puisse dire est que la cohérence ne risque pas de l’étouffer non plus. 

Une drôle d’histoire

Aux deux-tiers de la vidéo, Deï Mian propose deux exemples qui illustreraient bien, selon lui, les incohérences et  l’hypocrisie de l’histoire officielle [30:00-32:00]. Il nous parle d’abord du cas de Puma Punku, un ensemble de structures en pierres, faisant partie du site de Tiwanaku, dans l’ouest de la Bolivie [30:10 -31:15]. Selon lui, il serait impossible de tailler des pierres avec une telle précision avec les outils de l’époque. Le problème est qu’il ne fait pas référence à la même époque que celle désignée par les historiens au site. Pour lui, Tiwanaku est vieux de 15’000 ans, comme il l’affirme dans une vidéo tournée en 2013 [10]! D’où tire-t-il cette idée que le site serait vieux de 15’000 ans? On n’en sait rien, il ne le dit pas. Alors, effectivement, les outils d’il y a 15’000 ans ne permettaient probablement pas la construction d’un tel complexe. Par contre, avec ceux d’il y a 2’500 ans, soit vers -500 av. J.-C., si l’on se réfère à la datation de l’histoire (officielle), c’était tout à fait possible.

Dans un deuxième exemple [31:20 – 32:00], il nous parle de « cartels » dans le musée de l’or de Bogota, qui se tromperaient complètement. Selon lui, des petites figurines en or seraient faussement qualifiées de jaguar. Pour lui, il n’y a aucun doute que ces figurines sont identiques à des peintures rupestres découvertes en Australie et qui seraient l’œuvre du « peuple-fourmis ». Ce « peuple-fourmis » serait un peuple « infra-terrestre » (vivant sous terre, donc) décrit dans les légendes aborigènes. Il en déduit que les conservateurs du musée à Bogota nous racontent n’importe quoi. On ne comprend pas très bien sur quelle base il affirme cela. L’autre hic est que j’ai beau chercher, je ne trouve aucune légende aborigène faisant référence à un peuple-fourmis. Par contre, j’en ai trouvé une chez les Hopis…en Amérique du Nord….D’ailleurs, Deï Mian y fait référence lors de son passage sur Nuréa TV, dans l’émission mentionnée plus haut. Il semblerait donc que, sur ce coup, il se mélange complètement les pinceaux!

Mais, c’est ainsi qu’il ne fait confiance ni à l’histoire, ni aux archéologues. Il ne croit pas en leurs interprétations et il considère que c’est son droit. Il reconnaît la possibilité d’avoir complètement tord, mais il estime avoir le droit de croire ce qu’il veut…Quoiqu’il arrive. Aujourd’hui, on ferait des découvertes qui égratigneraient les versions officielles et il faudrait les écouter [32:00 – 34:00]. Naturellement, on ne sait pas qui est « on », ni même quelles seraient ces découvertes qui remettraient l’histoire « officielle » en cause. De plus, les exemples qu’il a proposés ne suffisent évidemment pas à chambouler une quelconque histoire, officielle ou pas, puisqu’ils reposent essentiellement sur des perceptions personnelles qui n’ont pas été discutées et qui, selon Deï Mian, ne seraient même pas discutables.

De fait, tout comme sa méthode, sa notion de vérité est très vague. On ne sait pas vraiment ce qu’il entend par vérité historique et, à ce stade, on n’est même plus très sûr de la manière dont il conçoit les mythes et les légendes.

Critique légitime ou simple lynchage collectif?

Dès les premières minutes de son long monologue, Deï Mian s’ingénie à décrire le Nettoyeur de Mythes, qu’il refuse de nommer directement, afin de ne pas lui faire plus de publicité, comme un troll [09:05], soit un  passionné de son travail de détruire et de tout casser [10:15]. Il qualifie aussi sa vidéo d’anxiogène [15:45], ce qui justifierait qu’il ne l’ait pas vue en entier et refuse de la regarder dans son intégralité. Il l’aurait donc parcourue et ne se serait arrêté que sur les critiques concernant ses plans tournés au musée d’histoire nationale de Roumanie, sur le site archéologique d’Argedava et sur l’histoire des géants fossilisés. Ce sont naturellement les sujets dont lui a parlé le Nettoyeur de Mythes dans les emails qu’ils ont échangés avant qu’il ne publie sa vidéo critique.

Pour Deï Mian, les critiques que lui adressent le Nettoyeur de Mythes, mais aussi d’autres sceptiques comme La révélation de Gollum ou Irna ne sont qu’une pure perte de temps. A l’entendre, il n’y a aucune légitimité à faire une analyse approfondie d’un film qui a déplu. Il serait amplement suffisant de constater qu’on n’aime pas son film, puis de passer son chemin, sans en faire toute une histoire. Mieux encore: le commenter négativement en public reviendrait à ne pas respecter l’opinion de ceux qui l’ont apprécié et même à insulter les créateurs [25:31 – 26:30]! Rien que cela! Je suppose qu’il considère les critiques de cinéma ou littéraires comme d’affreux goujats sans aucun égard pour les publics ou les artistes!

Les archéologues choqués ont aussi le droit de critiquer les chercheurs de vérités

Apparemment, il semble avoir oublié qu’il n’est pas le seul à pouvoir revendiquer la liberté d’expression. S’il a le droit de critiquer l’histoire « officielle » et de la remettre en cause, d’autres ont le droit de critiquer ses « théories alternatives » et de remettre en cause sa non-méthode consistant à suggérer sans affirmation ni preuve. À partir du moment où l’on « publie » et que l’on se met en scène, comme il le fait dans son film, on peut s’attendre à faire l’objet de remise en cause.

Si la critique peut parfois se faire railleries et déraper sous la plume de certains internautes, il se trouve que celle du Nettoyeur de Mythes est clairement fondée et argumentée. En réalité, sa vidéo sur « L’Autre Terre des Dieux » est beaucoup, beaucoup moins agressive que celles qu’il avait réalisées à propos de « La révélation des pyramides », dont il n’hésite pas à qualifier certaines parties de « conneries » et de « merde » (ce qui fait que je n’ai pas pu les montrer à ma mère, parce qu’elle est vraiment allergique à ce genre de vocabulaire!). Sans compter qu’il a pris contact avec Deï Mian avant de publier sa critique vidéographique. Je n’ai pas l’impression qu’il ait eu ce genre de prévenance vis-à-vis de Grimault et Pooyard.

Oui, les archéologues sont des êtres susceptibles avec un petit cœur sensible qui bat sous le plastron! En fait, ce sont surtout des bosseurs acharnés qui ont consenti de gros sacrifices personnels et financiers pour étudier pendant des années dans une discipline passionnante mais ardue, avec peu de débouchés professionnels. Cela signifie qu’ils ont dû se battre comme de beaux diables pour obtenir des mandats et continuer leurs recherches, après leur doctorat. On peut donc comprendre qu’ils grincent des dents quand des « chercheurs de vérité », qui n’ont souvent même pas consulté des ouvrages de vulgarisation, prétendent remettre leurs travaux en cause à coups d’accusations grotesques et de « suggestions » sans « affirmations » ni preuves!

En conclusion…

Il est assez évident que Deï Mian et les adeptes de la science (dont le Nettoyeur de Mythes, Irna [11] ou La Révélation de Gollum) ne parlent pas du tout le même langage.  Ainsi que le note le Nettoyeur de Mythes, la notion de vérité ne signifie pas  la même chose dans la bouche d’un scientifique et dans celle d’un « chercheur de vérité » tel que Deï Mian. En effet,  ce dernier se défend de vouloir affirmer ou même prouver quoi que ce soit.  Il assure simplement suivre ses intuitions et ses convictions intimes. C’est ainsi qu’il adopte une posture de relativisme béat qui, au fond, consiste à simplement laisser chacun se faire sa propre opinion selon ses propres perceptions du monde.  Son film, et le livre qui en est tiré, n’ont d’autres buts que de partager ses impressions personnelles, les gens étant libres de s’y identifier ou pas.

Il en découle que la vérité, chez Deï Mian, ne renvoie pas à un ensemble de faits objectifs, accessible à tous par la raison, mais plutôt à la sincérité, c’est-à-dire, à la bonne foi qu’il professe dans sa démarche de chercheur de vérité. Il ne fait que décrire les choses telles qu’il les a vécues et tant pis s’il se trompe complètement dans ses analyses. Le but n’est pas de découvrir le monde tel qu’il est objectivement, juste de communiquer ses impressions. Dans cette optique très subjective et relativiste, tout élément cohérent avec son ressenti et confirmant ses convictions devient un fait véridique, même s’il ne peut pas le prouver. De là vient sa revendication récurrente au droit de s’exprimer comme il le veut, sans devoir essuyer de critiques et encore moins rendre des comptes à qui que ce soit.

Il n’y a effectivement pas grand-chose à discuter dès lors que l’on se situe uniquement sur le plan de la subjectivité. On peut la juger, mais la critiquer semble généralement assez vain.  Dans son raisonnement, la sincérité devient ainsi presque une sorte de passe-droit qui devrait lui épargner toute réaction négative de la part du public. Dans la mesure où il est de bonne foi, toute contradiction devient alors une forme d’incivilité, voire carrément une odieuse attaque contre sa pensée et donc sa personne et même contre celle des gens qui apprécient sa pensée! En gros, critiquer Deï Mian revient à critiquer son public et vice-versa. Or ça, c’est vraiment trop salaud pour être toléré. Mais, malheureusement, cela s’appelle aussi la liberté d’expression et elle n’est pas réservée à Deï Mian et son public. 

Cela signifie aussi qu’il se fiche assez royalement des faits et n’a guère envie de se prendre la tête avec eux, surtout s’ils risquent de contredire ses convictions. Il le prouve assez bien avec son attitude au sujet du cartel.  Plutôt que d’aller inspecter le cartel que lui indique le Nettoyeur de Mythes, Deï Mian regarde obstinément son doigt pendant près d’un mois et s’énerve qu’il ne lui donne pas immédiatement la solution. Il faudra que Gollum Illuminati le lui colle sous les yeux pour qu’il se rende finalement compte de son erreur.

Et encore. Il n’a fini par admettre à demi-mot son erreur que parce que les « trolls » sceptiques étaient en train de relayer cette énormité sur différents réseaux sociaux.  Surtout, il l’a fait en se cachant de nouveau derrière le bouclier de la sincérité, préférant alors se faire passer pour un écervelé plutôt que de reconnaître qu’il y a quand même un gros problème dans son fonctionnement.

D’une certaine manière, comme le dit Quark de la chaîne Mycéliums dans sa dernière vidéo [12], les chercheurs de vérité font du divertissement. Leur démarche consiste à proposer du sensationnalisme au sujet de choses qui paraissent mystérieuses, essentiellement du fait de leur ignorance et de celle de leur audience. Ils justifient d’ailleurs ce dédain en accusant gratuitement la science d’être bornée, arrogante et cachottière. Cette remarque s’applique particulièrement bien à Deï Mian. En effet, il ne se contente pas de vendre du rêve en vidéo. Il utilise ses « documentaires » comme support marketing pour promouvoir un tourisme sur le thème de l’étrange et de l’ésotérisme. En réalité, Deï Mian est avant tout un globe-trotteur à la tête d’une agence de voyage.

 

Sources

[1]  L’Autre Terre des Dieux – la polémique
https://www.youtube.com/watch?v=c5a1xh4Owbc&t=1852s 

[2] Nettoyeur de Mythes #03 L’autre Terre des Dieux   https://www.youtube.com/watch?v=qdO8oUIjCKc 

[3] Les Pyramides, l’Univers et le Reste – TeL#19 (Jacques Grimault)  https://www.youtube.com/watch?v=OL0E3zpAB_A&feature=youtu.be

[4] https://www.ariane-beldi.ch/2016/02/10/au-fil-des-debats-5-3-la-methode-scientifique-selon-jacques-grimault-et-patrice-pooyard/

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe

[6] « Le Mystère des Sites Mégalithiques de Sibérie » avec Deimian – NURÉA – TV https://www.youtube.com/watch?v=wKEgmfE-ynI 

[7] Debunk Express #3 – Un plastron géant https://www.facebook.com/notes/la-r%C3%A9v%C3%A9lation-de-gollum/debunk-express-3-un-plastron-g%C3%A9ant/1715770798727911/ .

[8] https://en.wikipedia.org/wiki/Argedava

[9] https://www.etruscanfoundation.org/about/la-piana/ et  https://www.baslibrary.org/archaeology-odyssey/1/3/14 et une photo de l’état des fouilles de la citerne une année après (en 1998): https://www.baslibrary.org/sites/default/files/bsao010304200l.jpg

[10] Effrayante Cité de Tiwanaku & Puma Punku – Bolivie 2013.  https://www.youtube.com/watch?v=Uar9UhbU9ow

[11] Voir l’article qu’Irna a consacré à Deï Mian : http://irna.lautre.net/Dei-Mian-l-Autre-Terre-des-Zitis.html

[12] Chercheurs de véritude – Mycéliums 9  https://www.youtube.com/watch?v=Gpg82xbnWQk&t=376s 

Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

2 commentaires

  1. Typo: « pied d’estale » au lieu de piedestal. (supprime mon commentaire une foi corrigé).

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