Signet #5 | Le risque de perpétuer l’incompréhension de la science

Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

10 commentaires

  1. OMG (ou Oh my SHS si vous préférez).

    Si vous le voulez bien, reposons un peu le débat.

    La zététique n’a rien à voir avec l’épistémologie : ses cadres méthodologiques ne sont absolument pas adaptés aux objets et phénomènes qu’ils prétendent étudier. Le résultat est que jamais ses positions normatives ne peuvent être réfutées. Cela vaut également avec ses autres « principes » ou « lois »: ils ne peuvent jamais les appliquer pour eux-mêmes. Pour le dire autrement, la zététique n’est pas scientifique (de même qu’elle n’est pas une discipline reconnue, alors que souvent elle tente de le faire croire dans ses discours : « laboratoire zététique », « centre d’obvservation de X », CORTECS… ce ne sont que des associations, qui d’ailleurs ne valident jamais leurs publications en P2P, mais affirment leurs positions à partir de « science & vie » ou « science & vie junior », Libé, AMCSTI, cours en fac (de disciplines non spé) obtenus à partir d’un entrisme fondé sur des jugements de valeur… bref des espaces de médiation jamais reconnus disciplinairement).

    Richard Monvoisin (un des leaders contemporains de la secte zet’, si vous me permettez l’expression) se présente comme « spécialiste en épistémologie » alors qu’il n’a qu’une thèse en science de l’édu (avec un jury d’ailleurs irrégulier légalement. Bon, la Fac de Nice a apparemment de nombreux problèmes avec les normes déontologiques).

    Leurs outils ne sont jamais adaptés (ou « calibrés » si vous préférez) aux objets étudiés. Le matérialisme positiviste par définition ne peut prétendre étudier des phénomènes socio-culturels. Bref, comment essayer de couper un steak avec une cuillère. La méthode apparait par conséquent toujours irréfutable (quoique Popper n’est pas vraiment un auteur pertinent en épistémo contemporaine, il est très critiqué dans les milieux de la recherche spé). Pour le dire encore autrement, les discours zét réintroduisent de l’idéologie dans ce qu’ils nomment LA science.

    Quelques idiots ici posent comme cadre d’étude, sans ne jamais le justifier, le problème des OGMs dans une polarité binaire (réductionnisme positiviste) : science(s) vs anti-science(s). Or, l’espace public à thématique scientifique est bien plus complexe que cela : il comprend aussi des acteurs scientistes, des militants qui sont des chercheurs particulièrement crédibles qui interviennent en qualité de lanceurs d’alerte et agissent à partir d’asso (pour ne pas rentrer en conflit avec leurs labo), des groupes de pression (lobbies si vous voulez) qui n’énoncent jamais la position à partir de laquelle ils interviennent. Bref, les choses sont complexes, les enjeux multiples et importants, et la zét’ ne fait que simplifier à outrance ces phénomènes pour produire un discours affirmatif mais infondé.

    Exemple Samuel : sait-il au moins de quoi il parle quand il évoque des notions comme « mass média », « opinion publique », « désinformation », etc. Désolé, mais employer ces notions réclame un minimum de travail, et non pas de se reposer sur un sens commun (par ailleurs déjà étudié sérieusement). Il évoque également LA « méthode scientifique » alors même que la rigueur des propos (et une certaine ouverture intellectuelle) demande à ce propos d’employer le pluriel.

    Si vous aviez quelques connaissances sérieuses (en socio des mouvements sociaux, socio de la culture, socio des sciences, cultural studies et même en SIC spé communication/médiation/publicisation des sciences), jamais vous ne pourriez vous permettre de poser des questions « scientifiques » SHS en ces termes. Il faut pour cela du temps et de la rigueur. Et un stricte respect des déontologies scientifiques.

    Il se trouve d’ailleurs que de nombreux zététiciens lyonnais (info prouvée et certifiée), sont eux-même en école d’ingé à l’INSA, se servent justement des « outils critiques » de la zét’ pour disqualifier les mouvements sociaux, alors même qu’un des principaux partenaires de cette école se trouve être Monsanto (employeur important pour cette école + nombreux satges ; entreprise basée dans la banlieue lyonnaise) : conflits d’intérêts + naturalisation des cadres d’étude + détournement des déontologies scientifiques + anonymat hypocrite.

    Ariane, par pitié, je ne sais pas de quel labo SIC vous sortez, mais lisez Y. Jeanneret et J. le Marec, Y Babou, C Bodin, J Caune (et Habermas et Beck et Watzlawick et etc.). Vous vous laisserez moins impressionner par des charlatans pseudo-épistémologues (qui pour certains cachent bien mal des intérêts industriels et/ou politiques).

    Signé un sociologue de la communication scientifique, vigilant & citoyen.
    (vous pourrez me joindre en MP si vous le souhaitez, je peux fournir des travaux de grande qualité, développés par des spécialistes des questions sciences sociétés, et qui de mon expérience ne sont pas en conflit d’intérêt. Attention, la question demande du temps d’étude)

    • OMG, indeed!

      Si vous le voulez bien, reposons un peu le débat. Mon billet ne concerne en rien la zététique, mais bien une communication de la part de scientifiques qui risque de confirmer une confusion assez répandue dans le grand public à propos du fonctionnement de la science ou même de ce qu’elle est. Votre longue, trop longue, tirade contre la zététique et certains zététiciens est donc, pour rester généreuse, au mieux complètement hors-sujet.

      Pour un sociologue de la communication scientifique, ne pas être capable de distinguer entre zététique et communication scientifique ne joue pas trop en faveur de votre statut auto-proclamé d’expert. Sans compter que je ne prends jamais de recommandations de la part de parfaits inconnus, s’exprimant anonymement, sur un ton paternaliste, et incapables de respecter les grands principes qu’ils promeuvent. Le « faites comme je dis, pas comme je fais », n’est pas trop ma tasse de thé. En l’occurrence, vous manquez totalement de rigueur scientifique, notamment en alignant des accusations complètement gratuites sans avancer la moindre preuve, ce qui rend votre condescendance à mon égard et à l’égard des autres intervenants ici d’autant plus illégitime et ridicule.

      De fait, je ne sais pas de quel labo SIC vous sortez, mais, par pitié, relisez un ou deux manuels de 1ère année sur la méthode scientifique, dont les règles de fonctionnement de base s’appliquent aussi au SHS! Une des premières règles est de fonder ses assertions sur des sources fiables, et la deuxième, c’est de les citer pour que votre interlocuteur sache d’où vous tirez vos infos et puissent aller voir par lui-même. Et non, je ne vois pas pourquoi je vous demanderais de me les envoyer par MP. Si vous avez « des travaux de grande qualité, développés par des spécialistes des questions sciences sociétés, et qui de [votre] expérience ne sont pas en conflit d’intérêt », comme vous le fanfaronnez, alors donnez-les ici. S’ils ont été publiés, je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez m’en parler qu’en privé. Et nous pourrons alors voir s’ils sont vraiment si fiables, indépendants et sans conflit d’intérêt que vous le clamez.

      • Oui, autant arrêter cette conversation si vous ne savez même pas lire les billets (à moins que ce ne soit un problème de mauvaise foi). Vous semblez trop engagée dans votre proposition pour être en mesure de prendre quelque distance critique. Votre agressivité n’aide pas non plus, c’est certain.

        « ne pas être capable de distinguer entre zététique et communication scientifique » : j’ai dit & fait tout l’inverse. Je veux juste mettre en garde contre la zététique, ses cadres de référence et ses pratiques triviales. Relisez.

        « confirmer une confusion assez répandue dans le grand public à propos du fonctionnement de la science » : je propose justement de discuter de cette proposition de cadrage en ce qu’il est (trés) normatif, commun et que de nombreux travaux peuvent aider à dépasser une conception idéologique de « la science » (B. Jurdant, JM. Levy-Leblond ?).

        « sur un ton paternaliste » : désolé, sur ce coup, je ne peut être tenu responsable en cas de complexe d’infériorité des mes interlocuteur. Qui plus est, le paternalisme (et le légitimisme) est justement l’une des critiques que l’on peut porter quant à la deuxième citation (tiens, j’ai oublié de référencer certains textes de Bourdieu, Passeron et Hoggart) (et pour la construction de la distinction « la science » versus « le grand public », c’est Stengers et Bensaude-Vincent en philo des sciences).

        « Une des premières règles est de fonder ses assertions sur des sources fiables, et la deuxième, c’est de les citer pour que votre interlocuteur sache d’où vous tirez vos infos et puissent aller voir par lui-même. » : j’ai fourni des travaux spé pour aider, je peux pas les lire à votre place…

      • Il me semble qu’il est inutile de te fatiguer Ariane, le troll s’est vite devoile avec un Argumentum ad Monsantum et une belle theorie du complot 🙂
        On a meme eu droit a la remise en cause de la methode scientifique qui serait soit-disant a geometrie variable (comme ca on peut contester toute evidence sous pretexte de relativisme, c’est tres commode pour les gens qui n’aiment pas voir leurs croyances remises en causes).

  2. Ariane,

    je vous trouve sévère avec cette initiative et avec Samuel. Samuel a raison: ce n’est pas une question de science ou d’épistémologie mais d’idéologie et de sentiments. On peut regretter que jamais personne ne passe de temps à expliquer ce qu’est la démarche scientifique et pourquoi elle donne des résultats. Cependant, force est de constater que:
    1/ La plupart des gens s’en foutent!
    2/ Chez les gens qui auraient envie de comprendre, certains n’y arriveraient pas malgré les explications. Comme à l’école, malheureusement, un certain nombre de gens ont énormément de mal …
    3/ Même chez des gens chez qui on pourrait s’attendre à mieux, on voit bien qu’ils sont finalement aveuglés par leur idéologie ou leurs croyances (cf le cas Séralini, mais on pourrait se référer à Benvéniste et la mémoire de l’eau)
    4/ Des expériences ont montré qu’une fois qu’on était convaincu de quelque chose, être contredit avec des fait ne faisait paradoxalement que renforcer (au moins dans un premier temps) la conviction préexistante

    Tout ça pour dire que ça fait des années qu’il est dit que les OGMs ne présentent pas de danger en tant que tels, qu’ils ne posent pas de problèmes qui leur sont spécifiques dans aucun domaine. Ces arguments sont pour certains presque aussi vieux que le 1er OGM commercialisé, qui date de 1996 (il y a 20 ans!). Il faut être clair: la question des OGMs est réglée en Europe non pas parce que ces arguments étaient factuellement fondés. Non: ils permettaient de véhiculer des croyances, de donner aux OGMs des habits idéologiques.

    Les OGMs ont été tellement bien habillés que même un OGM à l’exact inverse de cet habillage (le riz doré) ne peut espérer échapper à la vindicte des antis. C’est pourquoi, si on veut qu’au moins certains OGMs y échappent, aller sur le terrain des croyances est nécessaire. Après, on peut discuter de l’efficacité de cette pétition de Nobels, mais son idée est de dire que Greenpeace bloque honteusement une chance d’aider des gens dans le besoin.

    • Oui, je suis sévère, parce qu’on ne peut pas dénoncer d’un côté les méthode utilisées par Greenpeace & Cie, et de l’autre les utiliser, au prétexte que la situation l’exigerait. Ensuite, à suivre vos arguments, tous les efforts des Zététique et des sceptiques seraient complètement vains. Pire, il faudrait même laisser toute idée d’initiative éducative, parce que pleins d’élèves auraient du mal à comprendre la méthode scientifique. Avec un tel argument, on peut laisser tomber l’école. Après tout, vu le nombre d’élèves qui ne pigent toujours presque rien aux maths, à la dissertation et à la philo à la fin de la scolarité, et vu le nombre de gens qui s’en fichent après, autant tout arrêter. Parce que, de toutes évidences, un grand nombre de connaissances de base passent largement au-dessus du ciboulot d’une bonne partie du public.

      Alors, oui, on peut prendre cette posture élitiste consistant à déclarer qu’il est inutile d’éduquer le « bon peuple » et qu’il est donc légitime de le manipuler au gré des urgences pour s’assurer qu’il ne bloque pas des initiatives positives pour l’humanité.

      Le problème est que ça ne marche plus dans un un système démocratique dont les élites ont été largement discréditées par les discours populistes et démagogiques de gauche comme de droite. Du coup, cela signifie que cette lettre collective à très peu de chances d’aboutir. Comme vous dites (et je l’ai aussi dit), les ONG comme Greenpeace ont tellement bien labouré les opinions publiques en Europe (et elles font un travail très efficace dans ce sens ailleurs aussi) que ce n’est pas un cri d’alarme tardif de la part de blouses blanches bardées de titre dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler qui va leur faire changer d’avis. Ils diront simplement que ces Nobels sont de vieilles barbes élitistes qui prétendent avec arrogance savoir mieux que quiconque et qui s’arrogent le droit de sermonner les bons et honnêtes citoyens. Or, le bon et honnête citoyen ne s’en laisse pas compter par d’illustres inconnus qui leur disent « nous sommes des scientifiques, nous savons comment fonctionne la science, faites-nous confiance sans rien demander ! » Surtout que la méfiance envers la science est maintenant à niveau parmi les plus élevés de son histoire.

      • Tout ceci ne dit toujours pas comment vous comptez passer au delà du biais de confirmation. Ça ignore aussi largement le peu de temps qu’ont la plupart des gens à consacrer à ce genre de sujets et donc à la réflexion dessus.

        Bref, il y a un temps pour tout. L’école, on y reste en Europe entre 15 et 20 ans. Des explications de qualité sur le sujet des OGMs, il y en a un peu partout désormais.

        Pour contrer une idéologie, il faut aussi aller sur ce terrain, c’est tout. Ça ne veut pas dire qu’on va déclarer n’importe quoi et se comporter comme des goujats. C’est parler aux sentiments des gens à partir de ce que sont les OGMs (puisque c’est le sujet).

        Après, je ne pense pas non plus que cette pétition change quoi que ce soit. Sans doute est-ce quelque chose de déjà pratiqué et de trop tardif. Mais de là à leur reprocher de ne pas faire d’explication détaillée sur des trucs subtils, non.

  3. Bonjour Ariane,

    Oui dans le fond tu as raison, mais nous sommes ici dans une guerre de communication qui est largement emportee par les anti-science comme Greenpeace qui fait appel a la peur et exploite l’ignorance. Le grand public comme une partie des politiques ne comprennent pas la demarche scientifique et la seule facon de contrer les mensonges est malheureusement d’occuper le terrain de la communication.

    Un exemple a priori couronne de succes dans le cas de la lutte contre la desinformation anti-vaccinaliste; plutot que d’essayer d’expliquer la demarche scientifique (ce qui n’a pas fonctionne), on dramatise en presentant des images emotionnelles d’enfants malades ou en exagerant les epidemies liees au pertes d’immunite de groupe.

    C’est (malheureusement) ce genre de communication qui pourra faire changer l’opinion publique. Et cela me parait raisonnable face a des enjeux de societe cruciaux comme le developpement de l’agriculture des pays les plus pauvres.

    • Et la campagne contre les anti-vaccinalistes, ça a donné quoi? A ma connaissance, elle n’a pas eu beaucoup d’effets sur eux. Ils se sont contentés de répondre par des affirmations sur les horribles effets secondaires du mercure ou de l’aluminium sur certaines personnes. Et les débats sur le vaccin comme « un choix personnel » qu’on ne saurait contraindre continuent de plus belle aux USA, mais aussi dans la plupart des pays où les anti-vaxx sont actifs.

      Par ailleurs, à part les mouvements sceptiques, qui n’ont, malheureusement, de loin pas la portée médiatique qu’ont d’autres mouvances pseudo-scientifiques, qui a réellement tenté d’expliquer la méthode scientifique au grand public? Ce n’est même pas dans les programmes scolaires!! Rares sont les gens capables de même vous dire que la science est avant tout une méthode, pas simplement un corpus de connaissances obtenues on ne sait trop comment.

      De fait, Greenpeace a déjà répondu à cette lettre des Nobels en réaffirmant les mêmes arguments que l’organisation répète comme un mantra depuis des années: Ce n’est pas de sa faute si le riz doré n’est toujours pas disponible à la commercialisation après 20 ans de recherche, de toute façon, les industriels exagèrent vastement l’apport de cet OGM et seule une alimentation « diverse et saine » issue de l’agro-écologie peut résoudre le problème des déficiences en vitamine A chez les populations les plus pauvres d’Asie et d’Afrique (http://www.greenpeace.org/international/en/press/releases/2016/Nobel-laureates-sign-letter-on-Greenpeace-Golden-rice-position—reactive-statement/). En gros, Greenpeance n’a pas du tout peur de ces 100 Prix Nobel. L’organisation en a si peu peur qu’elle se contente de se répéter comme un disque rayé. Et pourquoi devrait-elle en avoir peur? Elle a tellement bien labouré les opinions publiques des deux côtés de l’Atlantique que nombre de gens refusent simplement cette idée que tous ces scientifiques pourraient contredire leur conviction simplement sur la base de l’adhésion à un consensus scientifique dans le domaine en question. C’est ainsi que sur Twitter, des gens répondent déjà que Nobel, lui-même, avait inventé la dynamite et que donc, soudainement, les détenteurs du prix Nobel ne seraient donc pas des gens si crédibles que cela. Mieux, d’autres associations anti-OGM ont aussitôt sauté sur l’occasion pour carrément accuser les signataires de la lettre de ne rien connaître à la question et d’être « payés par Monsanto » (https://ecowatch.com/2016/06/30/nobel-laureates-greenpeace-gmo-golden-rice/):

      “What this letter shows is that even Nobel Prize scientists don’t know, or don’t want to know, since they take money from Monsanto and their minions, anything about the obvious human health, environmental and climate damage inflicted by GMOs, and the toxic pesticides and chemical fertilizers that always accompany them,” Cummins told EcoWatch via email. “This is a perfect example of why the global grassroots have lost all faith in the bought and sold scientific, corporate and political establishment.”

      Ce qui est ridicule, puisque toute personne un tant soit peu informée sait que c’est Syngenta qui détient à présent les brevets sur le riz doré et cela uniquement dans le cadre d’un contrat passé avec les deux chercheurs qui l’ont développé, qui stipule, notamment, que tout paysans faisant moins de 10’000$ de revenus annuels pourraient recevoir des semences gratuitement.

      En gros, ce genre de remarque confirme exactement mon analyse: pour beaucoup de ces mouvements, la science est soit un argument d’autorité qu’on peut revendiquer quand elle va dans le sens des convictions défendues, soit un symbole de tout ce qui va mal dans notre monde moderne quand elle a le malheur de contredire des convictions profondes. Et cette initiative des Prix Nobels ne fait que renforcer cette vision d’un domaine de connaissances qu’on peut embrigader ou rejeter comme on veut. Je comprends très bien le sentiment d’urgence que ressentent ces scientifiques, mais je crains fort que cette campagne ne le reviennent dans la figure comme un boomerang….

      • La reponse des militants etait attendue et les ridiculise un peu plus. Ce qui est important c’est les medias de masse. Je les vois mal titrer sur les prix Nobels sont corrompus. Par contre l’idee reste que plus d’une centaine de Nobles denoncent l’attitude de Greenpeace.

        L’objectif est de changer l’opinion publique, pas celle des fanatiques. Et cela commence a fonctionner aux US ou les anti-vaccinalistes ont perdu beaucoup de credibilite dans l’opinion publique *et* dans les medias. Dans la balance risque/benefice je vois du positif dans cette action. Si comme nous le souhaitons la population etait plus eveillee a la methode scientifique, le probleme ne se serait pas pose.

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