Factuellement correct #5-4b | Confusion entre race et racisme, science et morale

Dans un billet précédent, je constatais que l’écrivain François Rachline opérait une confusion entre race, espèce et sous-espèce dans un édito récemment publié sur Slate.fr. Je me demandais notamment s’il était possible de combattre le racisme en ne comprenant pas la notion de « race » et je concluais que non. Il me semblait que loin d’éclairer le débat, les confusions autour de ce terme ne pouvait qu’égarer le public.

Pourtant, si on prend la problématique sous un angle plus large, cela pourrait être relativement possible. En effet, depuis de nombreuses années, le mot « race » est frappé d’une sorte de sceau de l’infamie dans le grand espace public. Au sein des milieux académiques, les attitudes sont plus partagées. Si en sciences sociales et humaines, le terme est pratiquement devenu tabou, il est encore utilisé en sciences naturelles, mais dans un sens très circonscrit. Pourtant, l’idée qu’il existe une hiérarchie entre les peuples, fixée une fois pour toute et légitimant une forme de domination des échelons supérieurs sur les autres, est loin d’avoir disparu. Au contraire, elle semble même reprendre du poil de la bête, même si elle a tendance à s’exprimer selon des termes différents de ceux qui caractérisaient le racisme jusque dans les années 60.

Cela signifie que les deux problématiques n’ont en réalité aucun lien et sont complètement distinctes. La légitimité du racisme ne dépend pas de l’existence des « races humaines » telles que cette notion est comprise en science, mais bien d’un choix philosophique, moral et bioéthique de nos sociétés.

Races, espèces et sous-espèces

Dans mon billet réagissant à l’édito de François Rachline, je critiquais la confusion qu’il faisait entre espèce et race, puis, entre sous-espèce et race. Or, si la première partie de ma critique est juste, il se trouve que la seconde est plus discutable et cela pour deux raisons.

Tout d’abord, comme me l’a fait remarquer le sociologue-épistémologue Valéry Rasplus, il se trouve que les paléontologues et les biologistes spécialisés dans l’évolution, jusqu’à Charles Darwin en personne, parlent bien de races pour désigner les sous-groupes au sein des espèces animales et végétales, y compris pour les sous-espèces humaines. Pour moi, au contraire, le concept de « race » s’appliquait essentiellement aux espèces domestiqués. Dans mes souvenirs de mes cours de biologie et de paléontologie à l’université, aux USA, à la fin des années 90, il me semble que nous parlions surtout de « sous-espèces » animales (y compris humaines) et de « variétés végétales ». De plus, il apparaît que le terme « race » ne soit plus utilisé dans les nomenclatures actuelles. Je dirais donc que cette réaction n’est pas tout à fait fausse non plus, mais elle est incomplète.

Cependant, et c’est là la deuxième raison que je voudrais aborder en particulier, il se trouve qu’elle rate une problématique fondamentale qui m’a initialement totalement échappé. Et pas qu’à moi. François Rachline fait aussi complètement l’impasse sur celle-ci. Il s’agit d’un principe que Patrick Tort, un des meilleurs spécialistes de Charles Darwin dans le monde francophone, rappelle dans un entretien, intitulé Race, sexe et culture, que Valéry Rasplus m’a aussi recommandé au cours de la même discussion.

Et ce principe est que la science ne peut pas répondre à la question de ce qui constitue le bien et le mal. Appliqué au sujet de ce billet, ce n’est pas parce qu’en science, on parle parfois de « races humaines » que cela justifie pour autant le racisme. En aucun cas. Voici pourquoi.

La race = simple taxon

Linnaeus Systema Naturae 1748

Page de la 6è édition du Systema Naturae de Linnée (1748) relatif à l’Homo genus. Source: Wikimedia

Dans cet entretien, Patrick Tort nous explique que dans les sciences naturelles, le terme « race » désigne avant tout le dernier échelon dans la classification des êtres vivants, et cela, depuis le 17ème siècle. A ce titre, il ne comporte donc aucune connotation politique ou sociologique particulière, ni même une quelconque justification de la hiérarchisation des populations humaines qui définit l’attitude raciste. Cependant, l’histoire du mot en lui-même reste tumultueuse.

Ainsi, la fiche Wikipédia consacrée à ce thème nous apprend qu’appliqué à notre espèce, ce taxon a aussi été très tôt caractérisé par une vision essentialiste des critères de distinctions entre les races humaines. En effet, Carl von Linnée lui-même (père de la taxonomie moderne), dans sa classification de 1735, avait subdivisé les races humaines en europaeus, asiaticus, americanus et afer, associant chacune avec respectivement les types de personnalité suivants: sanguin, mélancolique, colérique, phlematique. C’est ainsi qu’ « Homo sapiens europaeus est décrit comme actif, alerte et aventureux, tandis qu’Homo sapiens afer est considéré comme roublard, paresseux et négligent.» (Rubrique Historical Origin of racial classification de la fiche Wikipedia pour Race)

Et cette ligne de pensée a ensuite été suivie par les thèses raciales, au 19ème siècles, qui cherchaient à justifier la colonisation ainsi que la poursuite de l’esclavage par des pays dont les constitutions modernes revendiquaient pourtant l’idéal de la démocratie et de l’égalité entre les hommes (mais pas encore entre hommes et femmes…ceci expliquant en partie cela).

Premier arbre phylogénétique de Darwin

Premier schéma d’un arbre phylogénétique de Darwin tiré de son First Notebook on Transmutation of Species (1837). Source: Wikimédia.

D’un autre côté, Charles Darwin et d’autres naturalistes contemporains ainsi que leurs successeurs, avec leurs travaux sur la théorie de l’évolution, vont contribuer à séparer la notion de race d’une conception essentialiste et fixiste du vivant. Elle devient ainsi purement descriptive et ne comporte aucune connotation de supériorité ou d’infériorité. Les « races » ne sont que des catégories permettant de tenir compte des variations morphologiques et physiologiques au sein d’une espèce, correspondant souvent à une dispersion géographique des populations qui la composent et aux impactes de différents environnements sur leur histoire biologique respective.

La « race humaine », chez les biologistes évolutionnistes depuis Darwin, n’est donc rien d’autre qu’un sous-groupe d’une des nombreuses espèces humaines ayant existé (ou existant encore pour l’Homo sapiens). De plus, celle-ci n’est pas inscrite dans le marbre. Elle change constamment sous la pression du contexte naturel et social. La race n’a donc pas de portée déterministe sur les individus.

Race ≠ Racisme

Darwin: Descent of Man (1871)

Couverture de Descent of Man and Selection in Relation to Sex (1871). Source: Wikimédia.

C’est ainsi que, selon Patrick Tort, Darwin a carrément développe une perspective qui permet de réconcilier l’approche des sciences naturelles et celle des sciences sociales concernant le fonctionnement de l’espèce humaine (De la filiation de l’homme). En effet, les premières sont supposées décrire le vivant et son fonctionnement selon une approche objective, alors que les secondes s’attachent à montrer ce que l’homme ajoute à la nature et comment il s’en distingue. De fait, elles ont eu tendance à tracer leurs propres sillons, chacune de leur côté et souvent en se tournant le dos.

Or, Darwin a dépassé cette dialectique en proposant ce que Tort appelle l’effet réversible de l’évolution. Il s’agit de la théorie selon laquelle la sélection naturelle a aussi « sélectionné » certains instincts sociaux favorisant la collaboration plutôt que la compétition pure et dure au cours de l’histoire de l’espèce humaine. Cela a eu comme résultat le développement de sociétés où les individus sont solidaires et capables d’éprouver de l’empathie ainsi que de la compassion pour l’autre. Cela signifie ce que nous appelons culture ou civilisation est aussi un produit de notre évolution biologique.

L’espèce humaine se caractérise ainsi aussi bien par des instincts concurrentiels qu’altruistes. Ce qui lui permet de basculer dans un sens ou de l’autre dépend de son usage de la raison, un ensemble de capacités cognitives qu’elle a également acquis progressivement au cours de son évolution. D’une certaine manière, l’émergence et la survie ou encore la disparition de sociétés dépendent de leur évolution aussi bien au niveau biologique que socio-culturel. Le racisme fait partie de ces comportements de préservation égoïste, mais aussi de compétition, qui peuvent être contre-balancés par des attitudes d’empathie et de coopération.

Si on se place dans cette perspective, on se rend compte que la notion de race ne débouche pas automatiquement sur le racisme. Il peut exister même si l’on décide d’éviter d’utiliser le terme. D’ailleurs, de nos jours, ce type de comportement est souvent justifié à l’aide d’un autre vocabulaire que celui développé par les adeptes des thèses raciales au 19ème et au début du 20ème siècle. On parle de supériorité culturelle ou de hiérarchie des civilisations. Mais, la logique consistant à réduire l’autre à quelques traits essentialistes, plus ou moins inscrits dans le marbre et pour le reste de l’éternité, reste la même.

En effet, aujourd’hui, il n’est pratiquement plus question de races (sauf chez quelques mouvements néonazis ou de suprémacistes blancs), mais de cultures qui seraient incompatibles les unes avec les autres et dont certaines, considérées comme définitivement barbares, constitueraient un risque pour les plus civilisées. Ce danger potentiel nécessiterait alors de ségréguer les premières des secondes et légitimerait même que les sociétés les plus évoluées exercent un contrôle sur les autres, plus « arriérées », pour les faire « évoluer ». C’est le genre de réflexion que l’on a vu se développer dans les cercles conservateurs orbitant autours du président G. W. Bush au cours de la première décennie du 21ème siècle et qui continue de se développer dans les discours sur le clash des civilisations entre Occident (judéo-)chrétien et monde arabo-musulman.

Si, les races humaines existent bien, mais le racisme reste une attitude irrationnelle et illégitime

anti-racismeDire que le racisme est un non-sens parce que les races humaines n’existent pas, comme le crient en chœur les militants antiracistes, à l’instar de Rachline dans son édito à Slate.fr ou même comme je le disais d’une autre manière dans mon propre billet, revient ainsi à dire que si elles existaient, alors le racisme pourrait éventuellement se justifier. C’est donc un raisonnement qui mène à une impasse.

Pour Patrick Tort, la morale, qui est aussi le résultat de l’effet réversible de l’évolution, n’a pas besoin de s’enraciner dans des considérations scientifiques sur la nature. En effet, la nature, vue par la science, ne nous dit pas s’il est bien ou mal de dominer son prochain, ni si cela est juste ou pas. Ainsi, du point de vue de la biologie évolutive, ce qui a permis à la morale de se développer et de prendre une telle importance dans nos sociétés, c’est sa capacité à contribuer de manière significative à la survie de notre espèce et les bienfaits objectifs qu’elle a pu nous apporter au cours de notre histoire. De même, on a pu constater de manière terrifiante ce qui se passe quand on l’abandonne.

Ainsi, le racisme est à combattre, non pas parce que les races humaines n’existent pas, elles existent bien, mais parce qu’il s’agit d’un comportement profondément injuste et destructeur, qui peut mettre en péril l’humanité. On l’a constaté pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, la Shoah, mais aussi les massacres à large échelle perpétués par les armées japonaises en Asie, également animées d’une logique profondément raciste, ont fait plonger une partie du monde dans l’horreur absolue.

Quid des questions d’eugénisme, liées à la notion de races humaines?

Logo du congrès sur l'eugénisme 1921

« L’eugénisme est la direction par les humains de leur évolution » : logo du Second International Congress of Eugenics, en 1921, décrivant l’eugénisme comme un arbre dont le tronc est créé à partir des différents champs de connaissances de l’humanité. Source: Wikimédia.

Tout cela vient en contradiction directe de ce que j’avançais dans mon billet. J’avoue que je suis allée un peu vite en besogne quand j’estimais que « sur la base de ces définitions (la race comme synonyme de sous-espèce chez les animaux domestiques), on comprend mieux pourquoi la notion de races humaines » n’a aucun sens d’un point de vue scientifique et surtout, pourquoi elle prend une charge symbolique et politique plus qu’inquiétante.

A ce moment-là, je faisais référence aux thèses raciales et aux projets eugénistes qui se trouvaient au cœur d’une conception médico-anthropologique de l’être humain très en vogue dans la première moitié du 20ème siècle et qui a même perduré encore jusque dans les années 60, alors même que l’abomination nazie aurait du totalement les discréditer.

La croyance que la science a réfuté totalement la notion de race humaine vient vraisemblablement d’un malentendu au sujet de son refus de la notion de « race » en tant que mode de hiérarchisation des hommes. Elle a clairement désavoué la scientificité de cette vision des races humaines. Il n’y a effectivement rien dans l’observation scientifique des différences morphologiques, physiologiques et même culturelles entre les humains qui permettent d’affirmer la supériorité des uns par rapport aux autres, ni même de légitimer la domination des uns sur les autres. Mais, elle ne s’exprime absolument pas sur le bienfondé de politiques eugénistes en vue de façonner des races humaines. Techniquement parlant, les possibilités existent. Mais, la question de savoir s’il est bien ou mal ou même juste de se livrer à ce genre de manipulations relève de la philosophie, de la morale et de la bioéthique, pas du fait scientifique brut.

Le refus actuel de l’expression « races humaines » reflète essentiellement une forte réaction aux dérives du 20ème siècle, dans le domaine des sciences humaines et sociales, mais aussi en politique. Vu le status de la science dans nos sociétés, l’idée reçue affirmant qu’elle aurait démontré que la notion de « races humaines » ne correspond à aucune réalité, est donc fort pratique, même si, en réalité, elle n’a fait que réfuter la scientificité de la construction socio-politique des « races humaines ». Malheureusement, c’est aussi un piège qui empêche nos sociétés de véritablement prendre leur responsabilité en se déchargeant purement et simplement sur les scientifiques, qui se voient alors investis d’une mission pour laquelle ils ne sont pas équipés: servir de boussole morale. Or, si la connaissance scientifique peut nous aider à construire nos valeurs, en leur donnant une base fiable, elle ne saurait les remplacer.

En conclusion….

On constate donc qu’en réalité, il est possible de combattre le racisme sans même se soucier de l’existence ou pas de races humaines et donc, sans se bagarrer sur ce que le terme de « race » désigne vraiment. Certes, pour des questions d’exactitude et de clarté, il vaut mieux éviter de confondre « race » et « espèce » par exemple ou même carrément d’inverser ces deux taxons, comme l’a fait François Rachline qui nous annonçait que les chevaux appartiennent à la race chevaline. Et oui, il est nécessaire de préciser que la notion de race, en sciences naturelles, n’a aucune prétention à la hiérarchisation des populations humaines sur la base de critères conçus comme essentialistes et déterminant complètement le devenir d’une société ou d’une culture.

Cependant, comme le dit bien Patrick Tort, ce n’est pas parce qu’il existe des races humaines en termes biologiques que le racisme se justifie pour autant. Supprimer le mot « race » ne supprimera donc pas le racisme. Comme il aime à le dire, le racisme n’est pas une question de nomination, mais de domination. Le combat contre le racisme ne se mène pas sur le terrain de la science, mais sur celui des valeurs et des choix de société. En ce sens, les bioéthiciens, c’est-à-dire des scientifiques formés aux questions philosophiques, politiques, morales et éthiques, jouent un rôle d’interface important entre la science et la société, en montrant comment on peut fonder des décisions d’ordre moral sur des données scientifiques.

Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

8 commentaires

  1. pas de commentaire, pas de défense des vos opinions ? Mais quel dommage !

  2. Du coup, je critique ici, en version courte.

    Vous dites : « ce n’est pas parce qu’il existe des races humaines en termes biologiques que le racisme se justifie pour autant. »

    Je répondrais que dès l’instant où une différence génétique entre deux populations se manifeste, il y a possibilité de compétition entre elles, compétition d’autant plus sévère que les ressources se raréfient.

    Prenons Neandertal et Homo Sapiens, s’il ne reste plus grand chose du premier c’est bien que les seconds les ont réduits sans possibilité d’équilibrage (surtout que Neandertal était un gros mangeur, il n’allait rien leur laisser !).

    Il est donc important pour le combattant antiraciste de démontrer qu’il n’y a aucune différence définitive, et qu’on est là dans la variabilité humaine. Autrement, même si « race » ne signifie pas immédiatement « hiérarchie », avec un peu de statistique on y vient facilement : par exemple, le cancer de la prostate doit être dépisté a 50 ans chez les Blancs et 45 ans chez les Noirs (source OMS).

    • Je pense que vous tombez dans le même piège que François Rachline, moi et bien d’autres militants antiracistes, à savoir cette idée que les orientations morales et politiques adoptée par la société humaine doivent forcément refléter les considérations scientifiques sur la nature ou du moins, peuvent se justifier par leur ressemblance avec ce que l’on constate dans la nature. Ainsi, même si le racisme est un instinct humain, comme je l’ai dit, cela ne signifie pas qu’il soit justifiable. Pas plus d’ailleurs que l’antiracisme qui est une attitude émergeant d’un autre instinct, tout aussi humain, à savoir la compassion pour autrui et la solidarité avec lui, surtout s’il se trouve en situation de faiblesse (momentanée ou permanente). Ce que la science nous dit, c’est que ces divers instincts existent et, au cours de l’histoire humaine, ont pu plus ou moins prédominé.

      La question est: Que voulons-nous comme société? Voulons-nous une société où règne la loi du plus fort, qui pourrait alors s’appuyer sur cette idée que les différences, qu’elles soient génotypiques ou phénotypiques, entre les hommes justifient cette orientation? Ou bien voulons-nous une société où les individus puissent évoluer dans un minimum de sécurité et de liberté, ce qui implique forcément un certain degré de collaboration et de solidarité, pour éviter que nous soyons constamment en train de nous battre les uns contre les autres. Je crois qu’après avoir essayé diverses idéologies racistes, un peu partout dans le monde, il est assez claire qu’elles apportent plus d’horreurs et de destruction qu’une société qui décide de traiter tous ses individus sur un pied d’égalité et de leur garantir un minimum de droits.

      Donc, pour l’instant, je maintiens que la scientificité de la notion de « race humaine » n’a aucune espèce d’importance dans le combat contre le racisme!

      Mais, si vous avez d’autres arguments et que vous avez envie de les étayer, n’hésitez pas! Je n’ai aucun problème à lire de longs textes!

      • Votre lutte contre le racisme utilise des moyens assez originaux. Vous pensez que quel que soit les différences entre les « races », ca n’a aucune importance, et concluez que « ce qui implique forcément un certain degré de collaboration et de solidarité ».

        Le soucis, c’est que si les différences sont avérées et profondes (voir fondamentales) il se pourrait bien que la collaboration et la solidarité n’aille que dans un seul sens.

        Aucun système déséquilibré (et donc instable) ne tient éternellement, et vous déboucherez alors sur de la violence et le chaos. Prenons un peuple a forte natalité et faible QI entrant dans une société à faible natalité et fort QI (cette hypothèse est rendu possible par l’acceptation de différences raciales).

        On peut imaginer que rapidement, les uns refuserons de continuer à aider une population qui ne s’intègre pas, les autres, incapables de s’adapter, inventerons tout un tas de prétextes pour justifier leur faibles réussites.

        La natalité (et les aides sociales) aidant, vous entrez dans une spirale dysgénique dont on ne sort que par la guerre civile.

        Alors qu’en excluant toute possibilité de différences entre les races, en excluant même l’idée de race, vous évitez d’avoir la situation précédemment décrite. Vous n’aurez alors que des personnes difficiles d’un coté et imposable de l’autre sans y voir un lien de causalité avec la race (puis ce qu’elle n’existe pas!) et finalement on lèvera un impôt pour acheter de la paix sociale au nom de la solidarité (on est quand même tous des Suisses !).

        On peut prendre le problème a l’envers aussi.

        Si réellement les différences entre les races n’avaient aucun lien avec le racisme, alors pourquoi les antiracistes se crispent tellement sur cette question ?

        Au plaisir de vous lire.

        Eric

    • Outre que votre explication sur l’extinction de Néandertal n’est qu’une hypothèse qui, pour l’instant, n’a pas été vérifiée ni confirmée (https://en.wikipedia.org/wiki/Neanderthal#Extinction_hypotheses), il se trouve que des différences, même stables entre populations humaines ne justifient pas le racisme. Le fait que le cancer de la prostate se présente, en moyenne, plus tôt dans les populations « noires » (entre guillemets, « noir » n’est pas une catégorie génétique humaine…il existe plus de différence entre les « noirs » qu’entre « noirs » et « blancs ») ne permet en rien de prétendre que les premiers seraient inférieurs aux seconds.

      La science ne nous dit pas selon quels précepts moraux nous comporter. Elle ne nous permet que d’accéder à une connaissance de l’état de notre univers.

      Par ailleurs, rien n’est jamais définitif dans le monde biologique, puisque l’évolution opère en permanence. Aujourd’hui l’être humain est un mamifère avec une tête, deux bras et deux jambes. Peut-être que dans quelques millions d’années, nous serons des êtres asexués se reproduisant par clonage, avec seulement une tête, une moëlle épinière, un coeur et un tube digestif.

      • j’ai le sentiment que vous répondez rapidement un truc sans m’avoir lu.

        « il se trouve que des différences, même stables entre populations humaines ne justifient pas le racisme. »

        Donc d’après vous, une population (imaginaire) qui aurait un taux de natalité de 10.0 avec un QI de 50 et un taux de criminalité de 6000/100.000 ne poserait aucun problème dans une société (tout aussi imaginaire) ayant une natalité de 1.5 avec un QI de 100 et une taux de criminalité de 1/100.000… parce que la morale ?

        C’est très léger, ou très naïf (où tout simplement, ca ferait mal su un CV de répondre a ce genre de question…)

  3. Salut!

    Je trouve plusieurs défauts à votre argumentaire, et j’aimerais bien en discuter, mais sans forcement « pourrir » votre blog par de la contradiction qui pourrait être mal interprété.

    Donc si vous dit d’en discuter courtoisement…

    Eric

    • Pas de problème! Exposez-les! Comme vous l’aurez constaté, ce billet est lui-même le produit d’une réflexion concernant un billet précédent, donc, si vous avez de bons arguments, je n’aurai aucun problème à revenir sur celui-ci. Cela fera une chaîne de billets, mais ça ne me gêne pas. Ce blog est vraiment un lieu de réflexions et j’essaie aussi de l’améliorer! Donc, allez-y! ^_^

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