signet #1 | Confondre homéopathie et phytothérapie

L’agence américaine de médicaments examine la nécessité de renforcer la réglementation du marché de l’homéopathie de plusieurs milliards de dollars.

Source: www.sciencesetavenir.fr

« La majorité du public n’a aucune idée de ce qu’est l’homéopathie et pense souvent qu’il s’agit de compléments alimentaires ou même de médicaments conventionnels », a-t-elle poursuivi. Selon elle, « les utilisateurs comme de nombreux professionnels de la santé ignorent que la FDA ne contrôle pas l’innocuité et l’efficacité de ces produits ».

En fait, c’est une chose que j’ai remarqué à plusieurs reprises. Les adeptes de l’homéopathie ne savent souvent pas ce que c’est et la confondent, par exemple, avec la phytothérapie (en gros, les soins par les plantes) ou toute autre approche dite « naturelle ». Or, ces remèdes, souvent de grand-mère, ne sont pas de l’homéopathie, notamment parce qu’ils contiennent véritablement une substance active (qu’elle soit véritablement efficace ou pas est une autre question). En effet, les ingrédients botaniques ou animaux à partir desquels sont fabriqués les médicaments homéopathiques ont été tellement dilués qu’on peut dire qu’il n’en reste pratiquement plus aucune molécule dans le mélange final. Or, juste quelques molécules ne peuvent avoir un quelconque effet. Par ailleurs, les remèdes dits « naturels », contenant des extraits de plantes ou même d’animaux, ne suivent souvent pas le principe de similitude, au cœur de l’homéopathie, c’est-à-dire l’idée que l’on peut soigner le mal par le même mal, mais à des dilutions telles qu’il n’en reste pratiquement plus rien.

Cependant, cela n’enlève rien au fait qu’à ce jour, et cela malgré plus de 100 ans de recherches, ayant occasionné des millions de dollars de dépense, on n’a toujours pas découvert d’effets spécifiques de l’homéopathie pour une quelconque maladie, ni même de mécanisme permettant de comprendre l’efficacité qui lui est attribuée. Non seulement cela, mais les principes mêmes qui gouvernent cette pratique vont à l’encontre de tout ce que l’on sait aujourd’hui des maladies. Et pour cause! Ils se basent sur les connaissances et croyances médicales qui prédominaient au 18ème siècle! A l’époque, on ignorait presque tout des agents infectieux (parasites, bactéries, virus), des cancers et autres dérèglements organiques ainsi que du fonctionnement du système immunitaire (anticorps) et on croyait encore que les problèmes de santé étaient dû à des déséquilibres dans les « humeurs » du corps. Du coup, on vous soignait à coup de saignées, qui vous laissaient sur les rotules, et de lavements, supposés vous purifier les intestins et rééquilibrer vos fluides, mais qui pouvaient aussi bien vous envoyer ad patrem!

Or, et ce n’est pas pour rien, mais à la même époque, nombre de gens se méfiaient des médecins, tout simplement parce qu’ils coûtaient chers et étaient souvent incapables de soigner la moindre infection! Même un simple rhume pouvait se transformer en grave maladie mortelle, puisqu’il était impossible pour un médecin de prévenir les complications. Il fallait donc compter sur la solidité de sa propre constitution physique pour s’en sortir. Quel malade tolérerait aujourd’hui, de s’entendre dire qu’il ne lui reste plus qu’à prier que son organisme tienne le coup et guérisse tout seul? C’est pourtant en gros ce que proposent les homéopathes aujourd’hui!

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Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

2 commentaires

  1. L’autre jour à la radio j’a ientendu parler d’une étude suédoise si je ne me trompe pas qui disait que l’homéopathie était inéfficace de part sa molécule trop dilué.

    • Merci de votre visite! Je n’ai pas entendu parler de cette étude en particulier, mais, c’est effectivement un problème soulevé par de nombreux scientifiques. Quand il ne reste pratiquement plus de molécules d’une substance active dans une solution liquide, on se retrouve grosso modo avec simplement de l’eau. Certes, des chercheurs, comme Jacques Benveniste, ont émis l’hypothèse d’une mémoire de l’eau, mais aucune expérience n’a permis de la confirmer. Et ce n’est pas par manque d’essais. Mais, toutes les tentatives se sont soldées par des échecs.

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