Au fil de mes lectures #3 | Enquête sur les créationnismes – Premières impressions

Etudiante_MalineJe viens de me lancer dans la lecture de l’Enquête sur les créationnismes, réseaux, stratégies et objectifs politiques, par Cyrille Bauudoin et Olivier Brosseau, reçu la semaine dernière. Dans ce billet, je partage quelques-unes de mes premières impressions concernant cet ouvrage, avant de produire une recension en bonne et dûe forme d’ici à quelques semaines. A ce stade, je pense pouvoir dire que j’ai entre les mains un ouvrage qui se distingue non seulement par son contenu, mais aussi par son sérieux et les efforts didactiques des auteurs. Bien sûr, tout n’est pas parfait (la perfection n’étant pas de ce monde), mais je pense qu’il remplira tout à fait son office: illustrer par cet exemple précis comment combattre la pensée magique polluant les débats politiques publics.

Comme je crois qu’il me faudra probablement un bon mois pour terminer cette lecture et que donc la recension n’est pas pour tout de suite, j’ai, en effet, pensé qu’il pourrait être intéressant de partager mes réflexions en cours de lecture. Cela me servira aussi de journal de bord pour cette petite entreprise de recension et devrait m’aider à garder le fil au cours de ces prochaines semaines.

Modalités de lecture pour une recension

J’ai décidé de me lancer dans ce livre selon un « protocole » (si on veut) qui m’a été enseigné aux USA, au début de mes études, et visant à rendre la lecture plus efficace en termes d’engrangement d’informations. En effet, à l’époque, je devais littéralement avaler des centaines de pages par semaine, dans une langue étrangère qui plus est. Une lecture purement linéaire, où l’on se contente d’aspirer les mots, mène alors très rapidement à l’épuisement physique et intellectuel ainsi qu’à la saturation. Pour éviter cela, la technique consiste à aborder un texte comme un objet construit et à chercher des points de référence dans cette structure, qui deviennent ensuite des balises permettant de guider la lecture, afin de se focaliser sur ce qui importe vraiment. Bien sûr, le choix de ces guides dépend aussi de ce que l’on veut tirer de sa lecture. Bon, il faut aussi ajouter que cette manière de faire est surtout efficace pour des ouvrages scolaires et universitaires généralement composés dans une optique didactique et pédagogique. L’utiliser pour se plonger dans un roman aurait beaucoup moins de sens. Mais, dans le cas de l’enquête sur les créationnismes, ça devrait assez bien fonctionner.

La première étape de cette méthode de lecture consiste à s’intéresser aux éléments extérieurs au texte-même: les titres de l’ouvrage, le synopsis en quatrième de couverture et les tables des matières. Ces éléments vous permettent normalement de saisir le bout du fil rouge qui se déroule tout au long du livre. Ensuite, il faut lire les parties introductives et la conclusion. Cela vous donne des détails sur les thèmes abordés dans l’ouvrage, la manière dont ils sont traités et dans quelle direction. La conclusion vous dit déjà où vous aboutissez. Toutes ces informations vous permettent aussi poser un premier jugement sur la pertinence de l’approche choisie par les auteurs pour aborder leur problématique et éventuellement du bien-fondé de sa lecture, si celle-ci s’inscrit dans un projet de recherche (ce n’est pas le cas pour moi ici).

La prise en main: les créationnismes, une pensée magique polluant des débats publics

D’emblée, le ton et la nature du livre sont indiqués dans le titre sur la couverture. Les auteurs nous proposent de les suivre dans une enquête sur un phénomène que beaucoup considèrent comme une problématique importante de nos sociétés modernes: le créationnisme, c’est-à-dire, la croyance que le monde et la nature ont été créés par un être divin. Ou plus exactement, LES créationnismes. En effet, vue la police de caractère utilisée et le schéma représentant Adam et Eve sur le point de saisir la fameuse pomme interdite, on pourrait d’abord ne voir que le singulier. En relisant le titre, on comprend alors que l’enquête sera longue et complexe, si en plus, ce phénomène peut se décliner au pluriel. D’autant plus complexe qu’elle va plonger dans les réseaux ainsi que les stratégies et les objectifs politiques. Il faut dire que ces termes sont assez lourdement chargés de sens et qu’on s’imagine déjà confronter des gens plus que douteux. On pourrait même dire qu’un léger parfum complotiste se dégage du titre et du sous-titre.

Le quatrième de couverture confirme cette impression de plongée en eau trouble, puisqu’il est présenté comme une analyse de la manière dont les créationnismes tentent d‘instrumentaliser la science pour justifier une vision du monde conforme à des dogmes religieux. Le cadre est ainsi posé: le combat est avant tout politique. En effet, le but de l’ouvrage, tel que décrit dans le synopsis est de fournir au lecteur les outils nécessaires pour exercer son esprit critique dès lors que la science est convoquée pour justifier des positions politiques. Pour cela, il nous est indiqué que les auteurs ont étudié minutieusement les réseaux internationaux de ces mouvances et la manière dont ils s’insèrent dans divers cadres politiques, notamment en France.

On comprend d’ailleurs là que le combat ne s’arrête pas aux créationnisme, mais s’étend aussi à toute démarche visant à imposer une vision du monde purement idéologique et dogmatique sous les oripeaux de la science. D’une certaine manière, il semblerait même que le combat contre les créationnismes, malgré leurs spécificités, constitue surtout un cas emblématique d’application de cet esprit critique, fondé sur la démarche scientifique, pour contrer le dévoiement de la science dans le débat politique public.

En ouvrant l’ouvrage, on tombe sur un sommaire d’une page qui nous permet ainsi d’embrasser d’un seul regard l’ensemble du propos. Il apparaît assez vite que l’ouvrage est divisé en deux grandes parties. La première, comprenant les 2 premiers chapitres, vise à expliciter la démarche scientifique et à présenter les divers courants créationnistes. Elle pose ainsi les bases thématiques et le cadre de l’enquête, mais on comprend assez vite qu’elle va ce concentrer sur la France et l’Europe. Et c’est d’ailleurs en cela que cet ouvrage est inédit. En effet, des études sur les créationnismes américains et anglo-saxons, il y en a pas mal déjà. Mais, il est vrai que l’on a tendance à croire que l’Europe, et notamment la France, est plus ou moins épargnée par le phénomène.

A la lecture des titres des chapitres 3-5, on apprend que les créationnismes, malgré leur diversité, tendent à converger sur les méthodes de communication ainsi que sur l’argumentation. Le dernier chapitre laisse entendre que la manière dont la science est présentée dans les médias et perçue dans l’espace public français est un des facteurs favorisant la progression des créationnismes en France. Le tout se termine non pas sur une conclusion, mais sur un épilogue dont le titre signale qu’il ouvrirait des pistes de réflexions sur la manière de contrer les créationnismes. Cependant, quand on voit qu’il ne fait que 6 pages, sur un ouvrage en comptant plus de 300, on reste un peu perplexe.

En sautant directement à la table des matières, à la fin de l’ouvrage, je découvre qu’elle confirme en grande partie ce que j’ai tiré du sommaire. Cela signifie que les titres sont suffisamment explicites et indique un véritable effort pédagogique de la part des auteurs. La première partie comporte donc un résumé de ce en quoi consiste la méthode scientifique et à un historique de l’ensemble des phénomènes recoupés par le terme créationnisme. Il apparaît aussi que le second chapitre nous entraînera sur un terrain assez peu connu: celui du fonctionnement des institutions européennes, pour nous montrer comment les créationnistes tentent de déployer une influence à ce niveau. On voit que les chapitres 4 et 5 nous emmèneront dans les méandres des propagandes des divers mouvements chrétiens impliqués dans la propagation du créationnisme en France et comment elle est facilitée par certains facteurs socio-médiatiques. Et comme j’en avais l’impression, l’épilogue propose deux grandes lignes de réflexion pour combattre le créationnisme: tout d’abord d’en finir avec le scientisme, y compris de ceux qui sont sceptiques vis-à-vis de la science, et ensuite, de promouvoir un esprit critique rationnel, basé sur la démarche scientifique.

Dans l’ensemble, à ce stade, on comprend que le combat contre les créationnismes n’est qu’un exemple de la manière dont il faudrait mettre en œuvre une certaine forme d’esprit critique rationnel et scientifique pour combattre des formes de pensée magique qui viennent polluer le débat démocratique.

Les premiers pas dans le livre: le créationnisme comme cheval de Troie contre la modernité laïque et rationnelle

Dans un préambule et une préface, les auteurs posent d’abord le cadre générique de leur démarche, à savoir leurs motivations et les circonstances ayant mené à les auteurs à s’intéresser aux questions du créationnisme ainsi que la principale problématique à l’origine de leur enquête.

A l’origine de l’ouvrage: la contamination du vieux continent

Le préambule nous explique que tout a commencé dans le cadre d’un séminaire sur la communication scientifique au cours duquel Olivier Brosseau, chercheur docteur en biologie (systématique et évolution) et Cyrille Baudoin, ingénieur en instrumentation pour l’astrophysique, se sont retrouvés à travailler ensemble sur la propagation du créationnisme. Nous sommes alors en 2005 et les USA sont à nouveau secoués par le sempiternel débat autours de l’enseignement de l’évolution à l’école, avec l’affaire Dover. Mais, fait nouveau, en même temps, la France connaît une remise en cause inédite de la laïcité sous la poussée de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, tandis que des voix dénonçant l’idéologie de l’évolution se font entendre dans les institutions de l’Union Européenne. Interpellés par ce qui ressemble à une espèce de contamination du vieux continent par une influence délétère en provenance des USA, les deux auteurs se sont alors plongés dans une démarche tout-azimut les entraînant à essayer d’approfondir des sujets relevant d’une multiplicité de domaines aussi différents les uns des autres que l’épistémologie, la philosophie, la sociologie, la biologie, la géopolitique, etc. Leur but affiché est de combattre le créationnisme qu’ils considèrent comme lié à la remise en cause de la laïcité telle que conçue dans la loi de 1905. Pour eux, laïcité et indépendance de la démarche scientifique agissent de concert. Il s’agit donc d’aider les gens qui s’engagent dans ce combat en leur fournissant des informations fiables et une compréhension globale de ces mouvements créationnistes.

Je dois avouer qu’à ce stade, la longue liste de disciplines qu’ils affirment avoir exploré en profondeur pour cet ouvrage me laisse un peu dubitative. En effet, la table des matières donne à penser que les questions épistémologiques, philosophiques et communicationnelles sont probablement celles qui ont été le plus approfondies. Mais, d’un autre côté, grâce à cette mise au point de départ, on comprend clairement d’où ils partent et où ils espèrent nous emmener, ce qui est précieux.

Au cœur de la problématique: le providentialisme

Dans la préface, sous la forme d’un entretien avec Guillaume Lecointre, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et directeur du département Systématique et évolution, ils abordent le principal point de contentieux entre les scientifiques et les créationnistes: la question du providentialisme, c’est-à-dire l’idée d’un créateur qui aurait tout prévu, incompatible avec la vision de la nature découlant de la théorie de l’évolution. Même si la science ne s’exprime pas sur l’existence ou l’inexistence de forces surnaturelles ou super-naturelles, l’un des éléments de base de la méthode scientifique ne laisse guère de place pour une « providence » divine, à savoir la nécessité d’une démarche expérimentale pour vérifier la fiabilité d’une observation ou d’une hypothèse. En effet, s’il suffit d’avoir recourt à l’hypothèse « théiste » pour expliquer un phénomène qui nous semble mystérieux, il n’y a plus besoin de la science. Non seulement cela, mais il ne serait plus non plus nécessaire de développer de réponses technologiques à des problèmes que nous rencontrons, puisqu’il suffirait de s’en remettre aux forces surnaturelles par l’intermédiaire d’un culte.

De fait, pour Lecointre, et les deux auteurs de l’enquête, la science et la laïcité sont étroitement liés dans le sens où ils postulent tous les deux la possibilité d’une rationalité universelle, sur laquelle construire un socle connaissances commun à tous les membres de nos sociétés modernes. Pour eux, la science est une forme de laïcité à l’œuvre (p.18). En tentant de ré-introduire le divin, dont chaque communauté ou même individu a une conception différente, les créationnistes risquent donc de faire exploser cet universalisme qui postule que la réalité étant extérieur aux gens et tout être humain étant douée de raison, il doit donc être possible à chacun d’accéder à cette réalité d’où qu’il soit.

Enquête sur une vision providentialiste et déterministe du monde

L’introduction expose les deux grands axes de la recherche qui a motivé cet ouvrage: d’une part, un axe géographique et culturel, situant le point de départ des créationnismes aux USA, et un axe temporel et épistémologique, d’autre part, en établissant une évolution diachronique des arguments créationnistes depuis le début du 20ème siècle jusqu’à nos jours.

Il apparaît ainsi une sorte de dynamique allant du rejet pur et simple de la science, comme une attaque frontale contre la religion, à une incorporation de certains de ses outils, mais sous une forme dévoyée, afin de faire passer une croyance dans le providentialisme pour une démarche scientifique. Mais plutôt que d’une transformation linéaire d’un même mouvement en suivant une succession d’étapes, on a plutôt à faire à une nébuleuse d’acteurs associatifs et citoyens qui ont adopté diverses stratégies argumentatives. Ceux qui rejettent entièrement la science existent toujours, parfois aux côtés de ceux qui ont adopté ce que l’on qualifie de « créationnisme scientifique » ou les adeptes du « dessein intelligent ».

De fait, pour les auteurs, malgré la diversité des mouvements et de leurs stratégies, les créationnismes partagent quatre caractéristiques de base:

  • Le théisme ou providentialisme (une divinité est à l’origine de tout et a créé le monde ainsi que les créatures qui y vivent)
  • Le spiritualisme (l’univers se compose de deux grands éléments distincts: la matière et l’esprit, le second pouvant être d’essence divine et avoir des pouvoirs sur la première)
  • L’anthropocentrisme (l’être humain est une création à part et dominant le reste de la nature)
  • Le finalisme (toute cette création tend vers un but établi par une intelligence supérieure et transcendantale).

Comme on peut en déduire de ces quatre points, le créationnisme est plus qu’une simple théorie du vivant. C’est une vision de la société et de la place de l’homme dans l’univers. Cela explique pourquoi les créationnistes tiennent tant que cela que leur approche soit enseignée à l’école et pourquoi la plupart des batailles politiques et juridiques ont porté sur les programmes scolaires.

Un début de pistes de réflexion pour combattre la pensée magique dans les débats publics

De cette façon d’aborder les créationnismes, il découle effectivement que l’une des principales pistes à explorer pour combattre le créationnisme ou toute autre forme de dévoiement de la science reste une meilleure formation à la méthode scientifique. En effet, l’épilogue semble confirmer que les créationnismes ne représentent, pour les deux auteurs, qu’un exemple du type de pensée magique moderne qui peut polluer les réflexions collectives sur les orientations scientifiques, technologiques et éthiques de nos sociétés.

Pour Olivier Brosseau et Cyril Baudoin, les stratégies des créationnistes sont similaires à celles utilisées par les militants anti-biotechnologies ou anti-nanotechnologies, etc. Elles se basent sur une mauvaise compréhension de la démarche scientifique, doublée d’une espèce de scientisme qui les pousse à vouloir absolument singer la science afin faire bénéficier leurs thèses de l’aura d’autorité de cette forme de connaissances. Ainsi, la solution passe par un meilleur enseignement, à tous les niveaux, de la démarche rationnelle à la base de la science, afin que les citoyens partagent un même socle intellectuel pour aborder tout débat dans lequel des thèmes scientifiques peuvent intervenir.

Pour le sociologue des sciences Dominique Guillo, l’une des principales stratégies des créationnistes est d’essayer de faire croire que la science prétend à une vérité absolue et ne serait en réalité qu’une nouvelle religion dogmatique tentant de se faire passer pour une connaissance objective universelle. L’opposition entre créationnistes et scientifiques ne serait donc qu’un clash entre deux vérités qui s’affrontent sur le même terrain. Il estime donc à ce titre qu’il faut absolument faire comprendre, aux jeunes notamment, que la science est exactement le contraire de la vérité absolue, puisqu’elle se base sur le doute et la remise en cause des certitudes passées.

L’autre piste de réflexion relevée concerne la réception des théories créationnistes et pseudoscientifiques dans les écoles, par les enseignants, le personnel d’encadrement scolaire et les élèves eux-mêmes. Les auteurs relèvent que pour faire leurs devoirs, les jeunes utilisent beaucoup moins les ouvrages sélectionnés par les bibliothèques que le Web, sur lequel circulent une masse d’informations pseudo-scientifiques. Ils estiment donc que l’initiation à l’évaluation de l’information et à son recoupement devrait être une priorité de l’éducation nationale. En d’autres termes, l’apprentissage de l’esprit critique est absolument essentiel.

Reste à définir ce qu’est l’esprit critique. Pour cela, et en guise de clôture de l’ouvrage, les deux auteurs donnent la parole à Normand Baillargeon, professeur en sciences de l’éducation à l’UQAM. Il définit l’esprit critique comme un ensemble de compétences cognitives et une posture intellectuelle spécifique. Il s’agit d’articuler des connaissances avec une démarche scientifique et rationnelle pour évaluer la validité de propositions. De fait, la capacité à l’esprit critique est aussi limitée par les connaissances que l’on a d’un domaine donné. La méthode scientifique est ainsi un outil de la pensée critique (et non pas l’inverse), se basant sur cette recherche obstinée des faits contre les évidences et les dogmes. Cependant, il estime qu’il existe malgré tout des domaines, comme par exemple la politique, la philosophie ou l’éthique, où la démarche scientifique ne peut qu’avoir une utilité réduite.

Malheureusement, l’entretien avec Normand Baillargeon au sujet de la définition de l’esprit crritique et de son apprentissage me semble trop sommaire. Et donc trop vague à mon sens pour même représenter une vraie piste de réflexion. Éventuellement, un début de réflexion avec une référence à ce chercheur et donc, l’encouragement à aller lire ce qu’il a écrit sur le sujet. Mais, pour un épilogue en forme d’ouvertures vers de nouveaux horizons, pour continuer ce qui a été commencé dans cet ouvrage, cela me paraît insuffisant. Je l’avoue, c’est une petite déception, parce que je sais maintenant que je risque de rester sur ma faim sur un sujet qui me préoccupe pas mal et qui est justement la définition et l’apprentissage de l’esprit critique.

En conclusion intermédiaire….

Malgré une ou deux petites réserves ici ou là, déjà exprimées ici, je me réjouis vraiment de découvrir le « corps » du livre! Mon domaine de spécialisation étant « info-com' » comme on dit vulgairement, je m’intéresserai particulièrement aux descriptions des stratégies de communication des mouvements créationnistes, aux USA et en Europe. En effet, les contextes médiatiques ne sont pas les mêmes des deux côtés de l’Atlantique. Il serait aussi intéressant de voir si, globalisation oblige, des acteurs transnationaux tels que la Templeton Foundation tentent d’imprimer leur marque de fabrique sur la manière dont certains créationnistes français tentent de promouvoir leurs thèses dans l’espace public et auprès des institutions politiques.

Je ne sais pas exactement quel sera mon rythme de lecture et de publications d’impressions au fil de la lecture de cette enquête. J’essaierai de publier deux autres billets intermédiaires correspondant aux deux grandes parties de l’ouvrage telles qu’elles me sont apparues dans l’analyse de sa structure. Puis, j’essaierai de synthétiser tout cela pour en tirer une recension qui sera plus courte que ces billets et plus focalisée sur ces questions de médiatisation et de communication évoquée ci-dessus.

Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

3 commentaires

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