Au fil des débats #7 | Le cerveau, une machine à fabriquer de l’irrationnel et du rationnel

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Les croyances sont générées par la machine à croire sans soucis automatique de la vérité. L’intérêt pour ce qui est vrai est une « organisation » supérieure de l’orientation cognitive acquise qui reflète une philosophie sous-jacente présupposant une réalité objective pas toujours perçue par nos sens.

Commentaire d’Ariane Beldi:

Cet article présente de manière claire et précise une synthèse des connaissances scientifiques concernant les processus cognitifs à l’œuvre dans la construction des croyances. Celles-ci sont présentées comme une forme de pensée première et intuitive qui peuvent nettement obstruer la compréhension du monde, mais répondent à des nécessités biologiques de base. Les recherches en la matière semblent corroborer les réflexions de nombre de philosophes, dans l’histoire de la pensée, qui considèrent que l’on ne peut se fier uniquement à nos impressions, à notre mémoire et à nos expériences personnelles pour évaluer notre environnement et découvrir la vérité. Il apparaît en effet que l’évolution a favorisé la tendance du cerveau à faire des raccourcis intellectuels dans l’analyse des relations entre des événements proches dans le temps, parce que cela permettait d’augmenter les chances de survie et donc de reproduction des êtres humains. Le cerveau n’a finalement aucun soucis de ce qui est vrai ou pas, mais uniquement de ce qui permet d’éviter le danger et de prolonger la survie. Les croyances servent donc à calmer des angoisses profondes comme celles liées à la solitude, à l’imprévu, à l’hostilité de l’environnement et naturellement à la mort (la sienne et celle des proches).

De fait, la pratique de l’esprit critique, du scepticisme et de la science peut s’avérer particulièrement laborieuse parce qu’elle s’oppose en partie à des fonctionnements cérébraux profondément ancrés. En même temps, l’article montre que l’émergence de cette manière d’appréhender la réalité résulte également de l’évolution de l’être humain et répond à d’autres besoins, mais moins liés à la survie directe, même s’ils sont tout aussi fondamentaux, c’est-à-dire, la recherche de la vérité sur notre monde afin de mieux y survivre. Cependant, les chercheurs considèrent pour l’instant qu’il s’agit de processus intellectuels essentiellement acquis plus qu’instinctifs et qu’ils fonctionnent à un autre niveau cognitif, avec des circuits moins automatiques et nécessitant plus d’entraînement et de rappels.

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Ariane Beldi

Assise à la fois sur un banc universitaire et sur une chaise de bureau, une position pas toujours très confortable, ma vie peut se résumer à un fil rouge: essayer de faire sens de ce monde, souvent dans un gros éclat de rire (mais parfois aussi dans les larmes) et de partager cette recherche avec les autres. Cela m'a ainsi amené à étudier aussi bien les sciences que les sciences sociales, notamment les sciences de l'information, des médias et de la communication, tout en accumulant de l'expérience dans le domaine de l'édition-rédaction Web et des relations publiques. Adorant discuter et débattres avec toutes personnes prêtes à échanger des points de vue contradictoires, j'ai découvert quelques recettes importantes pour ne pas m'emmêler complètement les baguettes: garder une certaine distance critique, éviter les excès dans les jugements et surtout, surtout, s'astreindre à essayer de découvrir le petit truc absurde ou illogique qui peut donner lieu à une bonne blague! Je reconnais que je ne suis pas toujours très douée pour cet exercice, mais je m'entraîne dur….parfois au grand dame de mon entourage direct qui n'hésite pas à me proposer de faire des petites pauses! Je les prend d'ailleurs volontiers, parce qu'essayer d'être drôle peut être aussi éreintant que de réaliser une thèse de doctorat (oui, j'en ai fait une, incidemment, en science de l'information et de la communication). Mais, c'est aussi cela qui m'a permis d'y survivre! Après être sortie du labyrinthe académique, me voici plongée à nouveau dans celui de la recherche d'un travail! Heureusement que je m'appelle Ariane!

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